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L’armée sous pression



  [3/20/2017 1:40:29 PM]  | Kiosque |- | Lu :10772 fois | Commenter
 

Togo  - Béquille politique du régime des Gnassingbé depuis un demi-siècle, avec la démonstration d’allégation des généraux dans la nuit du 5 février 2005 à la mort du général Gnassingbé Eyadéma, les Forces armées togolaises (FAT) sont aujourd’hui au centre de toutes les convoitises, au moment où le pays est en décrépitude! Depuis donc le constat de la déchéance, l’opposition togolaise dans son ensemble et ses militants interpellent, mieux appellent à la rescousse les Forces armées togolaises. De son côté, le pouvoir politique affiche son indifférence face à la situation en comptant sur l’armée que le Chef de l’Etat a récemment consulté à Temédja. La marche du CAP 2015 du 11 mars dernier consécutive aux différentes crises sociales qui secouent le Togo corrobore la volonté de tout un peuple de voir l’armée rentrer en jeu.



Protester contre la hausse du prix des produits pétroliers entraînant la répression sanglante de l’Armée lors de la manifestation qui s’en était suivie le 28 février 2017, faisant un mort et de nombreux blessés par balle, les partis politiques regroupés au sein du Cap 2015 ainsi que d’autres forces démocratiques, ont appelé les populations togolaises à une marche tenue le 11 mars dernier.

L’un des temps forts de la marche du samedi dernier est le message adressé à l’Armée lorsque la foule des manifestants est arrivée devant l’entrée de l’état-major général des FAT. Prenant la parole et d’un air pénétré, Francis Pedro Amuzun, le représentant de l’ANC à la CENI dit aux militaires: « Quand on est patriote, quand on est citoyen, on travaille pour son pays. On ne le détruit pas. Si on vous envoie nous taper, vous détruisez le pays, si on vous envoie nous tuer, vous détruisez le pays, si on vous envoie nous bastonner, vous détruisez le pays, et quand vous détruisez le pays et vous vous détruisez vous-mêmes. C’est une vérité implacable que vous le vouliez ou non, elle va s’imposer à tous », a-t-il déclaré avant de poursuivre que : « Lorsque vous serez sur vos lits, vous allez méditer ce que je suis en train de vous dire. Je sais qu’à l’état-major en ce moment, on est en train de nous suivre. Messieurs les grands officiers, écoutez-bien ce que nous sommes en train de vous dire. Nous ne sommes pas des voyous, nous ne sommes pas des bandits, nous ne sommes pas des voleurs, mais sommes patriotes ».

A peine avait-il fini de parler que de manière spontanée à l’unisson, la foule se mit à chanter l’hymne national du Togo, « Terre de nos aïeux », puis d’un air engagé et déterminé, elle reprit aussi en chœur la Marche Républicaine du Togo, « Éternel, bénissez le Togo ! ». Il faut juste ajouter que l’émotion était sur tous les visages ce samedi-là.

Précisons que le message de l’ANC n’est que la partie visible de l’iceberg puisque depuis un moment sur les réseaux sociaux, les appels des cyber-activistes pour un « sursaut patriotique » des FAT se multiplient. Beaucoup leur demandent ouvertement à se joindre au peuple togolais pour disent-ils, « libérer le pays du régime Gnassingbé ». Quelques morceaux choisis sont illustratifs : « Demandons aux Forces Armées Togolaises de nous aider à libérer le pouvoir pour organiser une transition ». « L’appel aux Forces Armées Togolaises pour aider notre pays est de prime abord un acte qui se passe entre tout Togolais et les FAT ». « Ô Forces Armées et de Sécurité, Ô mes frères et sœurs, Gardiens de la République, la patrie vous appelle ».

Cependant, le constat est que les opposants au régime togolais, ne sont pas les seuls à pousser le cri de cœur à l’endroit des FAT pour implorer ses faveurs. « Je vous connais et je sais que vous ne me décevrez pas », avait déclaré Faure Gnassingbé, le Chef de l’Etat lui-même devant les militaires du camp de Témédja le 26 janvier 2017. Une assurance ostentatoire et pourtant fébrile, un amour déclaré qui vient renforcer la conviction de ceux qui pensent que la garantie du contrôle total sur l’Armée n’est pas en réalité une chose donnée.

C’est pourquoi, pour le parti au pouvoir, il faut œuvrer à fidéliser des hommes au régime et les nourrir à la belle soupe pour se prémunir de tout impondérable, pendant que l’opposition, elle, s’évertuera à se faire quelques amis en treillis.

Dans une analyse sur le sujet, le Togolais Comi M. Toulabor, Professeur à CEAN-Sciences Po Bordeaux écrit : « S’il existe un secteur où le régime a implanté et développé une véritable politique digne de ce nom c’est bien celui du contrôle sécuritaire de la population. Une politique sectorielle volontariste et planifiée s’est progressivement mise en place, nécessitant des moyens énormes en hommes et en financement, soutenue par une idéologie de conservation du pouvoir et accompagnée d’une préoccupation constante de suivi dans son exécution avec obligation de résultat. Ceci relève de la rareté pour être noté, si on sait qu’il est extrêmement difficile d’en trouver une aussi bien pensée et exécutée dans les autres secteurs de la vie du pays comme l’éducation, l’agriculture, la santé, l’emploi, le logement, le loisir, la jeunesse, la femme, l’urbanisme, l’équipement collectif, etc. ».

A l’en croire, les forces armées se sont donc substituées aux forces de police et de gendarmerie dans l’administration de la sécurité que tout citoyen doit attendre de l’Etat. Police et gendarmerie sont devenues ainsi des forces supplétives voire absentes dans la gestion de la sécurité intérieure qui leur est traditionnellement dévolue. « Le rôle proéminent joué par ces acteurs dans le processus de « dynastisation » du régime à la disparition du Général Eyadéma dans les conditions sanglantes et abracadabrantesques, consacre plus que jamais leur place, maintenant plus structurelle que conjoncturelle si rien n’est fait, dans la vie politique du pays », a-t-il ajouté.

Concernant l’opposition, les hommes en treillis connus qui en sont proches ont été contraints à l’exil. Il s’agit notamment de l’ancien Ministre de la Sécurité, le chef d’escadron François Akila Esso BOKO.

Pour l’heure, le dernier rapport de l’ONG Amnesty International parle plutôt de la répression sanglante des manifestations du 28 février 2017 accusant l’Etat et l’Armée togolaise de porter la responsabilité du décès du jeune chauffeur Alabi Nadjinoudine tué par balle alors qu’il manifestait contre la hausse du prix des produits pétroliers : « Il est inadmissible que l’Armée soit encore déployée au Togo pour réprimer les manifestations (…) les autorités togolaises doivent immédiatement diligenter une enquête indépendante et impartiale pour identifier les auteurs présumés de la mort par balle de cet homme, et les présenter devant un tribunal ordinaire afin qu’ils soient jugés au cours d’un procès équitable », peut-on lire dans le rapport.

En réagissant aussi sur le sujet, le Président du PPR, Jean Nicolas Lawson pense que, « pour abréger le combat politique destructeur et d’usure entre les opposants professionnels et le pouvoir en place, qui dure depuis 1990, nous devons comprendre et accepter les principes républicains et démocratiques. Le Chef de l’Etat est le Chef suprême des armées. En plus, l’actuel Chef de l’Etat est aussi le Ministre de la défense nationale. En conséquence, si les soldats sortent et tirent sur la population qui manifeste, alors le Chef de l’Etat est le principal responsable. Nul n’a donc le droit d’attaquer l’armée. C’est aussi de la bêtise humaine de dire que c’est une bavure quand des soldats tirent à balles réelles dans la foule pour tuer ou blesser. Il est temps que les politiciens togolais mettent un terme à leur dégénérescence et à leurs errements criminels ».

La seule remarque qu’on peut faire aujourd’hui et qui ne souffrirait d’aucune ambiguïté, est que, malgré l’article 147 de la Constitution qui stipule que « Les Forces Armées togolaises sont une armée nationale, républicaine et apolitique », les FAT sont souvent au centre de tous les débats politiques et influencent considérablement le jeu démocratique au Togo.

Pourquoi l’armée à la rescousse ?

L’histoire du Togo nous a enseignés que l’armée joue un rôle prépondérant dans la politique. Les plus convaincus pensent que l’Armée joue le premier rôle. C’est vrai, c’est depuis le 13 janvier 1963 que le destin de la Nation togolaise a basculé avec le coup d’Etat militaire qui a assassiné le premier président de la République. Le meneur de putsch, Gnassingbé Eyadéma a réussi à prendre les rênes du pouvoir politique en faisant de cette armée une garde prétorienne qui agit depuis un demi-siècle sur le destin du Togo.

C’est cette armée qui n’a pas favorisé une alternance au sens propre du terme à la mort du Général qui totalisait 38 ans à la tête du pays. Ainsi, pour la mettre dans les conditions de protection du pouvoir politique, le pouvoir togolais ne cesse de la ménager. Bonnes conditions d’existence avec des passerelles juteuses aux généraux à la retraite recyclés dans la gestion d’agences de ramassage d’ordures pour certains, tandis d’autres sont bien lotis dans les agences de travaux publics ou de sécurité aéroportuaire. Pour ceux d’entre eux qui ont un bagage intellectuel important, ils sont souvent coptés pour la coordination des sommets ou des conférences.

Un moyen de mettre cette armée au service de la protection du pouvoir politique ébranlé par les mutations internationales qui mettent la démocratie, la bonne conduite et l’alternance au centre des responsabilités politiques, sociales et militaires.

Cette mutation ira contaminer l’opinion civile et politique qui comprend désormais que face à la situation du Togo, le problème est loin de se fixer sur des élections, encore moins sur des manifestations de rue. La vraie solution se trouve dans l’entrée en jeu des Forces Armées Togolaises, qui sont les garants légendaires et historiques du pouvoir politique et de la stabilité.

C’est ce qui entraîne les cris de cœur dans toutes les directions, politiques, société civile, populations, à l’endroit de l’Armée pour qu’elle vienne enfin créer les conditions d’une alternance, synonyme de libération d’un peuple abandonné. C’est le fruit de la leçon tirée de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et récemment de la Gambie où Yahya Jammeh, bien qu’assis sur l’Armée a été obligé de céder le pouvoir par la volonté de cette armée.

Sylvestre K. BENI/independant express

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