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Esthétique du Sacré et incarnation du Bien : Est-il de notre devoir moral d’exiger que le Bien soit sacré et que le Sacré soit toujours Beau ?  Michel KINVI
[Répondre]

2/22/2013
Le bien est souvent sinon presque toujours beau. Ainsi, par exemple, une eau limpide et claire, agréable à la vue, est toujours jugée universellement comme une eau potable, une eau saine, buvable, donc une bonne eau qui ferra du bien au corps.

Si nous admettons donc que le bien est souvent beau et qu’il est au fond de toute exigence morale, nous dirons en déduction que le beau, en tant que reflet du bien sur nos sens, doit aussi devenir une véritable exigence morale de notre part.

Et puisqu’une morale suffisamment partagée est toujours une garantie pour un ordre social durable, nous devons donc exiger de nous, à chaque instant, que le beau domine ou du moins transparaisse dans tout ce que nous envisageons et réalisons de bien.



L’Esthétique du Sacré

Tout ce qui est sacré est toujours supérieur à ce qui est ordinaire. Et ce qui est supérieur est presque toujours un modèle vers lequel tend l’ordinaire. Donc le sacré étant toujours supérieur, il se présente comme le modèle à suivre. Dans la pratique, le sacré religieux est le modèle spirituel vers lequel tend le fervent croyant et le sacré laïc est le modèle séculier vers lequel tend le militant dévoué.

Et dans la considération des choses le sacré est toujours vu comme un bien suprême sinon le Bien Suprême dans une société. Ainsi par exemple la parole divine consignée comme lois en épitaphe ou en un livre saint devient un bien suprême pour le fidèle croyant, de même l’idéologie du parti exposée dans un projet de société devient un bien suprême pour le militant engagé.

Ainsi concrètement, la Maat (principe de justice et d’équilibre de vie sociale) fut sacrée et représentait un modèle pour le citoyen égyptien antique, et dans les temps modernes la Liberté (principe de droit civil) est sacrée et représente un modèle pour le citoyen américain, et l’Egalité comme principe de droit social est sacrée et représente un modèle pour tout militant socialiste dans le monde entier, et l’Amour ( principe morale de sympathie et de partage) est sacrée et représente un modèle de vie pour le chrétien pieux.

En réalité, quand nous analysons le mécanisme de naissance du sacré, nous découvrons que c’est parce qu’un objet est considéré comme un très bon objet ou une idée est jugée comme une excellente idée que nous décidons de les sacraliser. Ainsi c’est plutôt le bien qui devient sacré et non l’inverse. Les humains sacrent et consacrent toujours ce qu’ils considèrent comme meilleure valeur commune et en font un bien commun suprême, que ce soit la valeur d’un objet ou celle d’une idée : une nation, un dieu, un totem, un code d’honneur sont de cet ordre.

Et il n’y a rien au monde que l’homme ait sacralisé qu’il n’ait matérialisé. Le sacré se matérialise toujours, s’incarne, sous la main ou la parole créatrice de l’artiste. L’art sculptural surtout, puis l’art pictural et l’art oratoire sont les techniques de matérialisation du sacré. Nous dirons que écrire c’est sculpter le verbe tandis que parler ou chanter c’est mouvoir, mettre en mouvement le verbe. Toute idée se manifeste, s’exprime d’abord comme verbe avant de s’incarner en matière.

Ce qui se sculpte comme idole, ou se dessine comme emblème, ou se chante comme hymne est universellement la matérialisation du sacrée ou, autrement, l’incarnation du bien suprême dans l’ordre social. Certaines des plus remarquables incarnations sont les pictogrammes de la Maat en Egypte antique, la Statue de la Liberté pour les Américains, la Rose rouge dans un point fermé pour les socialistes de France, le Bouddha assis et méditant de l’Orient, Jésus partageant le pain de la sainte cenne ou mis à la Croix en sacrifice pour les chrétiens, la statue du Lien avec les Ancêtres pour les Dogons du Mali, le livre du Koran pour les musulmans.

Si nous revenons plus proche de nous en Afrique contemporaine et si en théorie nous avons préalablement admis que le bien apparaît presque toujours beau - comme par exemple l’eau limpide qui parait belle et sainement buvable- et que le bien est au fond de toute exigence morale dans la société, et qu’il nous faudra, suite à ce principe admis, tâcher à ce que tout ce que nous envisageons de bien soit beau, il nous faut exiger que le sacrée en tant que bien qui est élevé au rang suprême soit matérialisé en toute beauté. Et les icônes précédemment cités en référence à diverses civilisations manifestent toujours un effort vers le beau.

Ainsi donc nos dieux, nos hymnes, nos lois, nos emblèmes et nos mœurs doivent paraître avec la plus grandes beauté possible afin d’exprimer de façon appropriée la grandeur du bien suprême qu’ils représentent pour nous. Dans la religion traditionnelle africaine en particulier, le vodou Kenenssi, le vodou Kpessou, le vodou Heviesso, le vodou Sakpate, le vodou Dagbanze, le vodou Kunde, le vodou Egoun, etc, tout le panthéon africain contemporain doit subir des cures de beauté matérielle. Il doit être mis en place par les adeptes de ces êtres sacrés une véritable mission de mise en valeur esthétique de leur matérialisation, incarnation du bien. Les sanctuaires de ces divinités doivent ouvrir leurs portes à des artistes talentueux qui comme de nouveaux Michel Angelo devront transformer le difforme en harmonie et l’insalubre en pureté. Et les maîtres des lieux doivent être éduqués à l’hygiène et l’ordre. Nous pouvons déjà féliciter les adeptes du vodou Mamiwata (les Mammissi) qui sont en avance sur les autres dans cette voie et doivent encore mieux faire pour rendre sublime l’esthétique des rites et icônes de leur déesse.

Cette idée n’est pas du tout nouvelle. Ce n’est qu’un rappel, un appelle à un renouveau des beaux arts dans l’imaginaire et les mœurs des peuples d’Afrique contemporains. Depuis l’Egypte des pharaons on constate que la matérialisation du sacré est toujours un défi esthétique. Cette exigence esthétique du sacrée en Egypte est reprise par l’Inde brahmanique, par la Grèce des physiologues, par la Byzance des khalifes, et par l’Europe de la Renaissance et des Lumières.

La beauté matérielle du sacrée est la confirmation de la bonté morale qui est en son fond. Il est donc de la responsabilité de nos prêtres religieux et de nos magistrats publics contemporains de tâcher à ce que le bien suprême qu’ils prônent et confessent comme sacré s’incarne toujours en beauté dans la matière et dans la société. Un prêtre ou un magistrat qui ne peut pas exiger le beau par excellence conçoit donc médiocrement le bien qu’il professe ; nous dirions donc que ce magistrat ou ce prêtre est mal inspiré voire mal initié et qu’il ne mérite pas d’officier en tant que préservateur de l’ordre social.



2- Le Beau Social comme reflet du Bien Moral

Le beau n’a de secret que l’harmonie. Et l’harmonie par excellence se trouve dans la symétrie des formes. Tout ce qui parait dans une parfaite symétrie est beau. Et la perfection symétrique, le beau, n’est qu’une manifestation quantitative du bien. Mais alors la nature produit très rarement cette parfaite symétrie des formes. Le beau parfait est donc rare dans la nature. Il est évident que peu de plantes ont une arborescence symétrique et peu d’animaux et d’humains ont une stature parfaitement symétrique. Il n’y a donc le plus souvent dans la nature que des êtres assez beaux, et non pas parfaitement beaux.

Cependant la nature corrige ce défaut de symétrie parfaite en présentant par endroit la pureté de la substance. Et tout ce qui est pure vis avis de nos sens nous inspire la présence du bien. Et notre appréciation de la pureté est beaucoup plus qualitative que quantitative. Nous dirons donc que la pureté d’une substance est quant à elle la manifestation qualitative du bien qui est en cette matière. Nous déduisons souvent la qualité d’une substance naturelle par la pureté de son apparence. Un liquide limpide nous donne confiance, une roche de couleur unie apaise notre regard, un son ajusté recueille notre sympathie.

Ainsi donc là où la nature présente ses formes en des proportions plus ou moins équilibrées avec une matière plus ou moins pure, le bien et le beau y émanent en fusion et créent ainsi une présence esthétique remarquable.

Mais alors dans l’ordre social, le bien se manifeste sous le beau d’abord à travers le langage. Il est notoire que les peuples chez lesquels l’expression orale est suave et raffinée, comme chez les Français en Europe et comme chez les Anwla Evé du Ghana en Afrique de l’ouest les manières et les relations sociales sont plus empruntes de courtoisie dans la coutume.

Il ne serait pas un contre sens de supposer que les fondateurs des ces coutumes ont expérimenté une vision du bien qu’ils se sont efforcés au prime abord d’incarner par la parole et ensuite par le gestuel et ensuite par l’artisanat et ensuite par la morale et finalement par l’administration publique. Par exemple nous dirons que la vision originelle du Bien Suprême commun chez le peuple de France, avant toute corruption et déchéance, s’est manifestée dans la beauté de la langue chez les grand écrivains, dans la beauté de l’architecture (voir Versailles pour les rois, voir la tour Eifel pour la gloire du peuple et la Statue de la Liberté offerte aux Américains) et dans la bonté du droit publique à travers la proclamation des droits de l’homme. Aussi, chez le peuple Anwla Evé du Ghana la vision du bien se traduit en beauté dans le langage par les tournures de politesse et par le ton doux, la propreté entretenue dans le cadre de vie immédiat, l’élégance dans l’apparat religieux du vodu de même qu’une moindre propension à la violence physique et à la corruption dans la conduite des affaires publiques relativement à d’autres peuples alentour.

De là, la vision du bien que les créateurs et les préservateurs des valeurs communes font transparaître dans le beau nous fait dire que l’esthétique est une incarnation matérielle de l’éthique. Une société soucieuse de l’ordre et de la cohésion sociale devra s’efforcer de matérialiser toutes ses valeurs supérieures communes dans des formes sublimes avec des matières pures. Quand les formes et les matières qui nous entourent sont pleines de beauté nous aurons plus tendance à élever nos actes vers le bien, surtout le bien commun.



3- Considérations critiques et principe

Il est évident que le beau n’est pas à chaque fois le foyer du bien. Il y a de rares circonstances souvent surprenantes où le beau camoufle le mal. Par exemple dans la nature certaines plantes, précisément certains champignons ou certaines fleurs présentent une belle apparence mais produisent des substances vénéneuses. Dans le cadre social il y a incontestablement aussi de beaux personnages élégants qui professent un langage courtois mais se révèlent au fond des imposteurs égoïstes ou des manipulateurs pervers nuisibles à l’ordre public.

Mais dans le sens opposé il y a aussi de rares circonstances surprenantes dans la nature et dans l’ordre social où la laideur physique engendre le bien valeureux. En exemple, Socrate fut vraiment laid mais sa pensée ne produisait fréquemment que de belles idées pour le meilleur ordre public à Athènes.

Ces controverses rares qui faussent parfois la tendance générale de mixtion entre le beau et le bien se traduit dans des formules de vigilance telles que « tout ce qui brille n’est pas or », « l’habit ne fait pas le moine » etc.

Mais par sagesse nous dirons que tout ce que nous pensons et réalisons de bien, surtout de bien social commun, nous devons absolument faire l’effort nécessaire de le rendre dans une forme harmonisée avec la matière la plus noble. Ainsi donc le bien commun, toujours beau, méritera son rang de bien sacré, de modèle. En principe définitif nos biens publics communs comme notre langage, nos mœurs, nos divinités, nos idoles, nos hymnes, nos rues, nos avenues, nos édifices, nos apparats doivent paraître toujours beaux,propres et ordonnés.


Michel KINVI

Lomé, 18 Février 2013


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