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De la nécessité d’organiser des élections primaires pour la désignation d’un candidat unique de l’opposition togolaise en 2015  Akondoh Ali
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2/23/2013
PROPOSITION DE PLAN D’ACTION POUR L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2015 :
DE LA NÉCESSITÉ D’ORGANISER DES ÉLECTIONS PRIMAIRES POUR LA DÉSIGNATION D’UN CANDIDAT UNIQUE DE L’OPPOSITION TOGOLAISE EN 2015



COURAGE ET PERSÉVÉRANCE AU PEUPLE TOGOLAIS !
« Je vis donc je suis candidat ». Faure Gnassingbé est là. Sa salive pour le fauteuil présidentiel encore plus grande. Il sera donc (illégalement) candidat à sa succession en 2015 si rien n’y est fait. C’est donc à l’opposition de s’y préparer.
Dans deux ans environ, en Février ou Mars 2015, les Togolais seront une fois de plus appelés aux urnes pour élire leur président. Il ne faut pas se leurrer : Faure Gnassingbé sera bel et bien candidat. Quoique l’on entende autour de nous sur ses supposés problèmes de santé, tenons-le pour dit : il sera candidat. Même si en 2015 il glisse d’un escalier, se retrouve dans une chaise roulante, un lit d’hôpital, il sera candidat. C’est un fait, et toute rumeur que ses proches propageront sur le contraire ne visera qu’un seul but : attiser les appétits de plus d’opposants, semer la zizanie entre les leaders de l’opposition et au finish encourager de multiples candidatures qui lui permettront de se déclarer réélu, ce que personne ne disputera s’il l’emporte « face à la multitude des candidatures de l’opposition ».

Chacun a sa petite idée sur comment l’opposition pourrait l’emporter et nous apporter l’alternance. Pour ma part je considère que le facteur le plus important pour l’alternance demeure la candidature unique de l’opposition, ou pour parler comme tout observateur de la vie politique togolaise, « la candidature unique d’une partie de l’opposition ». C’est pourquoi je propose ici un plan d’action concernant cette candidature unique, car ce plan est le résultat d’un processus mûri, réfléchi, inclusif et compétitif.

De par le passé, cette idée a séduit mais n’a pas conquis. Plusieurs d’entre nous y ont cru, de la présidentielle de 1993 à celle de 2010, la dernière en date étant la création du Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC).
À mon avis toutes ces initiatives ont failli sur un détail important : le timing, le moment choisi. Car le point commun à toutes ces initiatives, c’est qu’on en parle longuement mais on agit un peu trop tardivement, très souvent à moins de trois mois de l’élection, lorsque chaque prétendant au sein de l’opposition a déjà acquis la conviction qu’il peut tirer le drap de son côté. Ou lorsque le pouvoir a déjà convaincu certains opposants, à coup de millions ou de milliards, qu’ils peuvent l’emporter, ou du moins peuvent obtenir un pourcentage leur permettant de garder la tête hors de l’eau, bref de tirer leur épingle du jeu sans toutefois gagner.

Cette situation ayant été, et étant donc connue, il convient que le débat autour de la candidature unique de l’opposition soit lancé dès maintenant, car « qui voyage loin ménage sa monture », dit le proverbe. Donc stratégiquement parlant, si l’ensemble de l’opposition considère que les chances d’alternance sont plus grandes en 2015 qu’elles ne l’ont jamais été, et si une candidature unique parait être le moyen le plus sûr pour y arriver, c’est dès maintenant qu’il faut commencer par s’y atteler.

La principale difficulté dans ce cas là, c’est de voir qui devrait se désister en faveur de qui et pourquoi. Chaque prétendant à la magistrature suprême a ses mérites, réels ou supposés, mais quand même des mérites. Mais comment en tenir compte ? Si j’étais un leader politique désireux de voir d’autres se désister en ma faveur, je mettrais sur pied un comité ou un groupe de travail qui puisse identifier les points les plus pertinents des programmes de société des autres partis afin de les incorporer dans un programme commun de gouvernance (PCG). Car il est préférable que quiconque souhaite représenter les couleurs d’une coalition de l’opposition consente à élaborer un programme qui puisse inclure les points les plus positifs des programmes de ses partenaires. Qui pourrait accomplir un tel exploit à moins de trois ans de l’élection ? Cela nous ramène au proverbe : « qui voyage loin ménage sa monture ».

Ce qui convient de faire aujourd’hui est de s’entendre sur un Plan d’Action. Tenant compte des difficultés rencontrées par le passé, il est préférable – c’est ce que je soutiens – que l’on organise des élections primaires au sein de la coalition des partis d’opposition qui décideront de choisir un candidat unique. Nous avons presque 24 mois devant nous. L’alliance au pouvoir RPT/UNIR – UFC/AGO a déjà commencé par s’y préparer. Faisons de même.

MON PLAN D’ACTION S’ARTICULE AUTOUR DE TROIS POINTS :

Février 2013 – Février 2014 (1ère phase) : Mise sur pied d’une structure de coordination et sensibilisation interne au sein des partis :
Au cours de cette période, la coalition ou l’alliance des partis de l’opposition qui acceptent le principe d’une candidature unique doit mettre sur pied une structure de coordination. L’argent étant le nerf de la guerre, cette structure pourrait lancer le fundraising aussi bien auprès de la diaspora qu’au pays, qui permettrait de financer les activités liées à cette initiative. Au cours de ces 12 mois, chaque parti pourrait mobiliser sa base, préparer ses militants dans la perspective de la désignation d’un candidat unique. On a trop souvent vu des gens justifier leur suspicion et leur rejet de l’idée d’une candidature unique à cause de son caractère « soudain », ou parce qu’il leur aurait fallu plus de temps pour convaincre leurs militants, leur « base ».

Mars –Août 2014 (2ème phase) : Campagne des prétendants à la candidature unique, débats publiques entre prétendants et sélection des « grands électeurs » ou membres du « collège électoral »
Au cours de ces 6 mois, tous les prétendants se lanceront en campagne pour la primaire. De quelle campagne s’agit-il ? Il ne devrait pas s’agir – j’utilise le conditionnel – d’une campagne en plein air qui draine des foules de sympathisants. Il devrait s’agir d’une campagne limitée aux réunions entre les candidats d’une part et les militants de chaque parti membre de la coalition d’autre part, où chaque prétendant présenterait ses arguments. Car contrairement aux élections primaires à l’américaine où les militants choisissent directement le candidat de leur parti, nous avons ici plusieurs partis ; il est donc préférable que ce soit des délégués, « grands électeurs » choisis par les militants de chaque parti qui, lors d’un congrès, choisissent le candidat unique de la coalition de l’opposition. L’identité de ces « grands électeurs » devrait rester secrète pour éviter qu’ils ne soient « achetés » afin d’orienter leur choix vers un certain candidat. Le nombre de « grands électeurs » par parti devrait être fixe afin que le processus soit équitable pour tous les partis.
Au cours de ces 6 mois, la structure de coordination continuera à recueillir des contributions financières qui permettront d’organiser les rencontres entre candidats et les potentiels « grands électeurs », et aussi d’organiser des débats entre les prétendants (au moins un par mois) où chacun pourrait faire valoir les mérites de sa candidature. Les modérateurs de ces débats seront choisis dans les medias nationaux et internationaux.

Dimanche 5 Octobre 2014 : À 4-5 mois de l’élection présidentielle, les « grands électeurs » se réuniront pour élire le candidat de la coalition. Ce qui donnerait au candidat choisi le temps de bâtir un consensus autour de lui, de se faire connaitre des Togolais hors de l’opposition, de dissiper d’éventuelles inquiétudes à son sujet auprès de l’opinion nationale et internationale, et d’instaurer des discussions qui permettront d’élaborer un plan de gouvernance qui tienne compte des points essentiels des programmes défendus par ses ex-adversaires – et désormais partenaires.

Il est certain que tout le monde n’adhèrera pas à une telle idée au premier abord. Ce n’est pas grave, car tout le monde n’aime pas prendre le train à la gare. Nous devrons être ouverts à ceux qui souhaitent sauter dans le train en marche, ou ceux qui attendent le train au prochain arrêt, l’essentiel étant qu’une fois arrivés à destination, on se félicite d’avoir fait bonne route ensemble, et d’avoir réussi à traverser les rivières de la désunion et de la méfiance.

J’ose croire que cette idée sera discutée avec discernement au sein de l’opposition. Les Togolais attendent depuis trop longtemps qu’à l’instar du parti au pouvoir, l’opposition elle aussi puisse anticiper sur le long terme, qu’elle parle de l’alternance tout en agissant au même moment.
Pour se donner toutes les chances d’assurer l’alternance au Togo, il faut réduire la disjonction entre le langage et l’action sur l’alternance.

« Vainquons ou mourrons, mais dans la dignité ».


Allemagne, le 23 Février 2013.

Akondoh Ali


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