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CDPA-BT : Dama DRAMANI ou le changement dans la continuité  E. GU-KONU.
[Répondre]
9/12/2013
4:11:24 AM
On sait que Dama Dramani est l’un des plus proches du pouvoir en place, même s’il est resté très discret ces temps-ci comme beaucoup d’autres caciques du régime. Il fut de ceux qui avaient toujours adopté les positions les plus dures à l’égard de l’opposition et les plus actifs de ceux qui avaient travaillé pour le maintien d’Eyadema au pouvoir. Et depuis 2005, il est de ceux qui mettent tout en œuvre pour empêcher le changement.
Le choix de Dramani à la tête de l’Assemblée participe à cette stratégie de conservation du pouvoir. Les dissensions résultant des rivalités au sein du courant majoritaire de l’opposition et la politique d’opposition fondée sur ces rivalités pour le pouvoir ont toujours favorisé cette stratégie du régime.

La presse est longuement revenue sur la session de mise en place de l’Assemblée nationale issue des législatives du 25 juillet 2013. Point n’est besoin de revenir ici sur les conditions d’organisation du scrutin ayant produit une telle Assemblée, bien que le sujet est loin d’être épuisé.

Il faut cependant rappeler que la CDPA-BT s’était inquiétée, dès le début du processus électoral, qu’en raison de ces conditions d’organisation, le scrutin ne sera une fois de plus qu’un moyen de prolonger la durée de vie du régime, à l’instar des précédentes élections organisées dans les mêmes conditions. Elle a appelé les partis d’opposition à s’abstenir de participer à ces législatives, mais à accepter de nous mettre ensemble pour nous organiser autrement, afin de renverser le rapport des forces Opposition/Régime et de mettre ainsi l’opposition toute entière en mesure de créer les conditions d’au moins une franche alternative.

Cette semaine du 2 au 7 septembre 2013, la presse a centré ses préoccupations sur trois faits essentiels : l’élection de Dama Dramani comme Président de l’Assemblée, la formation du Bureau de l’Institution, la politique de l’ANC par rapport au CST et à l’ARC-EN-CIEL.

Certains journaux ont applaudi le choix de Dama Dramani comme Président de l’Assemblée et ont couvert le personnage d’éloges. D’autres ont vu dans l’événement un montage calculé pour consolider le régime et assurer longue vie au pouvoir de Faure Gnassingbe. On a même parlé à nouveau de « faucon » comme au temps de Gnassingbe Eyadema, tandis que d’autres ont relevé que la désignation de ce Monsieur n’est rien d’autre qu’un changement dans la continuité.

La presse a été unanime à voir une certaine anomalie dans le fait que les 11 membres du bureau de l’Assemblée (y compris Dramani) soient tous des membres du parti du régime. On a parlé d’une UNIR « gourmand », en laissant par ailleurs entendre ainsi (sans peut-être le vouloir) qu’on s’inscrit en fait, comme Gilchrist Olympio et ses AGO, dans la logique du « partage du pouvoir » avec le régime, ou (en termes plus camouflés) dans la logique de la « cogestion » chère aux dirigeants du CAR.
Quelques journaux sont allés jusqu’à ressortir des tiroirs le fameux cri provocateur de Natchaba après la reconquête brutale du pouvoir au lendemain de la Conférence nationale : « Nous allons prendre tout ! », entendons tout le pouvoir. On sait qu’après le coup de force du 2 décembre 1991, le régime avait récupéré Koffigoh et mis son gouvernement en débandade.
Quant aux rapports de l’ANC avec le CST et la Coalition ARC-EN-CIEL, la presse s’est montrée plutôt sévère pour l’ANC, en particulier pour Jean-Pierre Fabre. Elle n’a pas pardonné l’idée (venant des milieux de la direction de l’ANC) de la formation d’un groupe parlementaire ANC, qui laisserait de facto les trois députés de l’ADDI au bord de la route, ce qui les pousserait éventuellement vers la Coalition ARC-EN-CIEL (disons le CAR pour être plus clair) pour former un groupe parlementaire avec les six députés du CAR. On a mis Jean-Pierre Fabre sur la sellette, en l’accusant de vouloir entourlouper Ajavon Zeus pour lui prendre la vedette, et de travailler ainsi à l’éclatement du CST par ce comportement.

Les hommes de presse parlent de tous ces problèmes relatifs au CST, comme s’ils ignoraient que dans les faits, le Collectif n’a jamais été autre chose qu’un cheval de Troie pour les responsables de l’ANC dans les rivalités entre les partis du courant dominant de l’opposition dans la bataille pour le pouvoir ou pour le leadership de l’opposition, tout comme le FRAC au demeurant.

Dans ses débats, la presse semble découvrir (et ce n’est déjà pas mal !) que les mêmes responsables de l’ANC étaient ceux qui alimentaient, avec plus d’ardeur, la guerre du leadership au profit de Gilchrist Olympio hier, quand ils dirigeaient encore l’UFC de l’époque.

Le 4 septembre, la presse a été très sévère à l’égard de l’ANC dans le jeu apparemment vengeur, qui a mis la Coalition ARC-EN-CIEL (disons le CAR) sur la touche dans la procédure de définition du pourcentage de députés requis pour former un groupe parlementaire. On a parlé de « connivence » entre l’ANC (le CST ?) et l’UNIR pour empêcher l’ARC-EN-CIEL de constituer un groupe parlementaire. On a même relevé les propos d’Isabelle Ameganvi, rappelant l’attitude du CAR dans l’affaire du renvoi des 9 députés de l’Assemblée en 2010 pour justifier la position de l’ANC.

Pour nous autres à la CDPA-BT, ce qui est intéressant dans la réaction de la presse ce 4 septembre n’est pas que tel aurait fait ceci ou cela contre tel ou tel. L’important, c’est que la révélation, à travers ces règlements de compte, ces conflits, ces méfiances et ces calculs politiciens au sein de l’opposition parlementaire a d’ores et déjà créé un climat malsain qui plane au-dessus de l’hémicycle. C’est ce climat qui nous parait à la CDPA-BT le fait le plus grave dans cette situation postélectorale.

L’apparition de ce climat délétère était prévisible. Dans tous les cas, il ne présage rien de bon au sein de l’opposition parlementaire elle-même, à plus forte raison entre celle-ci et la majorité absolue que le régime détient à l’Assemblée. Surtout avec Dramani comme Président.

Le régime ne veut rien faire pour rendre l’alternance au pouvoir possible sous quelque forme que ce soit. C’est de bonne guerre. Et c’est une des constantes du problème politique togolais depuis la fin de la Conférence nationale jusqu’à présent. Les modalités d’organisation des élections du 25 juillet et les prises de position des hommes du pouvoir tout au long du processus électoral, l’ont encore clairement démontré.

On sait que Dama Dramani est l’un des plus proches du pouvoir en place, même s’il est resté très discret ces temps-ci comme beaucoup d’autres caciques du régime. Il fut de ceux qui avaient toujours adopté les positions les plus dures à l’égard de l’opposition et les plus actifs de ceux qui avaient travaillé pour le maintien d’Eyadema au pouvoir. Et depuis 2005, il est de ceux qui mettent tout en œuvre pour empêcher le changement.
Le choix de Dramani à la tête de l’Assemblée participe à cette stratégie de conservation du pouvoir. Les dissensions résultant des rivalités au sein du courant majoritaire de l’opposition et la politique d’opposition fondée sur ces rivalités pour le pouvoir ont toujours favorisé cette stratégie du régime.

Dans ce contexte politique, l’opposition parlementaire ne pourra rien faire pour le changement. Elle ne pourra rien faire pour imposer au régime les réformes requises pour une franche alternance, ni une politique nationale de nature à transformer qualitativement les conditions de vie de la grande masse. Elle parlera ; elle dénoncera ; elle proposera des choses dans lesquelles le régime prendra ce qui convient au succès de sa stratégie de conservation du pouvoir. On l’entendra donc. Mais elle ne pourra rien faire d’autre pendant toute la durée de la mandature pour faire avancer la lutte pour la démocratie.

La présence d’une opposition parlementaire n’a pas un intérêt en soi. Elle n’a d’intérêt que dans sa capacité à faire opérer les réformes fondamentales sans lesquelles il est illusoire de croire dans la possibilité d’une alternance politique, à plus forte raison dans la possibilité d’une alternative politique pour le pays.
Comme on s’y attendait, les élections du 25 juillet ont remis une fois de plus le pays dans une situation de changement dans la continuité.

Fait à Lomé le 6 septembre 2013
Pour la CDPA-BT
Le Premier Secrétaire
E. GU-KONU.






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