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Conférence de presse du Coditogo sur la ‘feuille de route’ de la Cedeao


  [8/2/2018 11:07:40 AM]  | Kiosque |iciLome | Lu :5390 fois | Commenter
 

Togo  -




Le 31 juillet se réunissaient à Lomé, les présidents des pays de la CEDEAO. La date était attendue depuis au moins 2 mois puisqu’il devait y être annoncée une ‘feuille de route’ pour le Togo. Hier, la déclaration de la CEDEAO a évoqué une liste de recommandations : une poursuite du dialogue, une amélioration du cadre électoral, un renforcement du processus électoral au travers de la révision du fichier électoral, un objectif de législatives avant le 20 décembre, une recomposition de la Cour constitutionnelle, la limitation à 2 mandats présidentiels, des scrutins à 2 tours, des mesures d’apaisement, des réformes par voie parlementaire pour commencer, la mise en place d’un comité de suivi.

A Paris, la Coalition de la diaspora togolaise pour l'alternance et la démocratie (CODITOGO) a organisé une conférence de presse le lendemain pour en parler. Y Interviennent, Raymond Ayivi, vice-coordinateur, et Théo Agopomé, Commissaire Lobbying et Diplomatie.

En introduction, Raymond Ayivi précise que le Coditogo a été créé le 9 décembre 2017 et regroupe maintenant 18 associations de diaspora en France, aux USA, au Canada, au Sénégal, au Ghana, en Côte d’Ivoire. Son équipe dirigeante a été mise en place à Dakar début mars 2018.

Théo Agopomé explique que la CEDEAO a tenu compte des rapports des médiateurs Alpha Condé et Nana Akufo-Addo. Selon lui, Faure Gnassingbé essaye d’utiliser le dialogue pour se maintenir. Une transition avec gouvernement de transition était proposée par la coalition des 14 partis d’opposition (C14) – et par le Coditogo – et ce scénario a été totalement écarté.

Raymond Ayivi admet que « les recommandations ne sont pas à la hauteur des enjeux et ne rencontrent pas les attentes des togolais » qui souhaitent « une rupture avec un système de gouvernement en place depuis 52 ans ». De manière imagée, « la montagne a accouché d’une souris ». Selon lui, la feuille de route, qui ressemble plus à « une déclaration de bonne intention », ramène en septembre 2018. Pour Théo Agopomé, les recommandations n’ont pas été « juridiquement » étudiées, leur « faisabilité n’a pas été vérifié ». Le compte n’y est pas, même au niveau des mesures d’apaisement.

Surtout, concernant la limitation du nombre de mandats, « les chefs d’Etats de la Cedeao n’ont pas abordé le cœur du débat », à savoir la remise à zéro du compteur de mandats voulu par Faure Gnassingbé pour tenter de se présenter une 4e fois en 2020, un scénario totalement rejeté par les manifestants depuis le début de la crise.

Sur la date du 20 décembre pour les législatives, le Coditogo y voit pour y arriver une « quadrature du cercle ». Par exemple, sans réforme de la Commission électorale (Ceni), des élections correctes sont impossibles. Le recensement prendra du temps. Le vote de la diaspora, exigé par l’opposition, ne sera pas mis en place. Le problème du redécoupage des circonscriptions – car actuellement, « les électeurs de la région du Plateau pèsent 2 fois plus que les électeurs de la région maritime », au niveau du nombre d’électeurs par député – ne sera pas traité alors que le découpage électoral déséquilibré pourrait faire basculer la majorité du côté d’Unir en étant loin d’une majorité d’électeurs.

Sur le comité de suivi – pouvoir, C14, commission de la Cedeao et représentant des 2 médiateurs – le Coditogo souhaite attendre la mise en œuvre et voir le fonctionnement. Les incertitudes persistent sur le droit de manifester particulièrement remis en cause depuis le début du dialogue, qui « devait durer 15 jours » et dure depuis 6 mois.

Je questionne les intervenants sur l’autre sommet à Lomé, la veille, le 30 juillet, le sommet conjoint CEDEAO-CEEAC, sur la paix et la sécurité, avec les présidents d’Afrique centrale. Le 27 juin, Faure Gnassingbé était allé voir Buhari et, en sortant, a annoncé ce sommet surprise. De nombreux dictateurs étaient donc à Lomé la veille du sommet de la Cedeao, entre autres, Ali Bongo Ondimba et Denis Sassou Nguesso, un ami et soutien du dictateur togolais. Paul Biya a refusé de venir. Cela visait aussi à cacher l’actualité de la crise togolaise par d’autres actualités.

Le Coditogo souhaite continuer à mobiliser et lance un appel au peuple togolais et à la jeunesse africaine. Malgré la déception face aux recommandations de la Cedeao, Raymond Ayivi reste optimiste sur la victoire au bout du processus. Il pense que « la population va continuer de manifester et de réclamer ses droits ». Il envisage, lui, « des législatives et une présidentielle couplées à l’horizon 2020 ».

Régis Marzin

Compte-rendu du 1er août 2018
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