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Il y a un mois le gouvernement a procédé à l’augmentation des prix du carburant à la pompe. Depuis le 18 juin dernier, le ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé, Kokou Gozan a annoncé une hausse des prix des produits pétroliers arguant que l’Etat n’a plus les moyens de subventionner lesdits produits. Ainsi le super sans plomb vendu auparavant à 505 Fcfa est passé à 540 Fcfa, le gasoil qui se vendait à 500F est passé à 555Fcfa, le pétrole lampant a passé de 390F à 455Fcfa et le mélange est à 630Fcfa contre 575F. Malgré la contestation populaire de cette mesure et les négociations des syndicats avec le gouvernement, les prix n’ont pas été revu à la normale comme le souhaite toute la population. Et comme on pouvait s’y attendre, certains consommateurs se sont rabattus sur les produits pétroliers de contrebande vendus au bord des rues de Lomé.
M. Kokou est ouvrier dans une société de la zone franche sise dans la zone portuaire de Lomé. Il réside à Adétikopé, un quartier de la banlieue nord d’Agoé et possède comme engin pour ses déplacements une moto de marque chinoise qu’il s’est offert avec un prêt d’une institution de microfinance. Il affirme avoir un salaire mensuel de 30.000Fcfa et fait du Zémidjan pour pouvoir joindre les deux bouts. Avec la hausse des prix du carburant, il va désormais chez les vendeurs d’essence de contrebande, pour s’approvisionner. « J’achète en moyenne 15 litres d’essence par semaine. Avec mon salaire dérisoire et le manque de clientèle dans le Zémidjan, je n’arrive pas à m’en sortir. Quand le gouvernement a annoncé cette hausse du prix du carburant, j’ai compris que ces gens –là ne veulent pas notre bien-être. Je suis devenu un abonné de l’essence de contrebande même si je sais qu’il est de qualité douteuse et peut endommager ma moto. Je ne peux plus faire autrement » a-t-il soutenu. Ils sont nombreux ces Togolais qui, comme M. Kokou, ont la bourse trop maigre pour faire face à la hausse du prix du carburant. Alors chaque matin, avant leur départ pour le boulot, ils passent chez le vendeur du quartier faire le plein d’essence alors que la station d’essence est à côté. Les gérants des stations d’essence avouent leur désarroi face à la baisse de leurs recettes suite à l’annonce du ministre Kokou Gozan. « Depuis le 19 juin, nous avons des difficultés à faire des recettes comme auparavant. Je pense que les autorités ont pris une mesure impopulaire dont nous les distributeurs pâtissons. Chaque matin, nos anciens clients nous dépassent pour aller s’approvisionner chez ces vendeurs qui sont de l’autre côté de notre rue » s’est plaint le gérant d’une station d’essence.
Malgré les nombreuses opérations de saisie effectuées par la police, les vendeurs du carburant de contrebande ont toujours le vent en poupe. « Que voulez-vous que je fasse ? » s’est demandé l’un de ces vendeurs d’essence de rue avant d’ajouter, «j’étais un électricien au chômage quand un ami m’a proposé ce commerce. Avec ce commerce, je nourris ma famille et vous voulez que j’arrête ? Détrompez-vous. Parfois, je me considère comme un travailleur humanitaire ou social. J’aide grâce à ce commerce mes concitoyens à faire des économies ».
Avec la hausse du prix du carburant, le commerce illicite du carburant de contrebande a pris une ampleur inquiétante. Des points de vente de ces produits de contrebande ont poussé depuis un mois comme des champignons le long des rues du pays. Cette mesure est non seulement contestée et impopulaire dans le pays, mais elle est aussi un catalyseur de la vente du carburant de contrebande qui met en danger la vie des populations.
Sam Gagnon
(le Correcteur)
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