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SOCIETE : Le fléau de la prostitution enfantine « Prostituées la nuit et autre chose de jour »


  [5/22/2006]  | Kiosque | | Lu :24317 fois | Commenter
 






iciLome |5/22/2006 La crise politico- économique du Togo, la pauvreté et le déchirement du tissu social sont autant de facteurs qui pourraient expliquer l’ampleur que prend le plus vieux métier du monde à Lomé et dans beaucoup d’autres villes. Certains n’hésitent pas à dire que la prostitution qui est rentrée dans les habitudes des citadins va avec l’évolution des grandes villes. Elles sont nombreuses, ses femmes et filles de nuit qui circulent sur les boulevards et qui jonchent les rues de Lomé et de ses alentours la nuit. Parmi ces femmes et filles de joie, il y a des enfants. La plupart de ces enfants et jeunes filles font autre chose dans la journée et la nuit, elles se donnent à la prostitution, sans scrupule : « Prostituées la nuit et autre chose le jour ».

Dans un monde ravagé par le Sida et en proie aux Infections Sexuellement Transmissibles : IST et des pratiques malsaines de tous genres, les enfants qui font le commerce du sexe sont en danger.

La plupart des filles impliquée dans la prostitution dissimule son identité, elles ne sont pas des prostituées permanentes comme certaines femmes (surtout étrangères) à Lomé qui exercent leur sale métier de jour comme de nuit : « elles autres sont prostituées la nuit et autre chose le jour ». Il y a donc une nouvelle forme de prostitution qui a vu le jour. Ces filles ne se donnent pas à la prostitution en plein temps. Elles sont des serveuses de bars, des coiffeuses, des couturières, des élèves, des étudiantes, de petites commerçantes, des ouvrières, des secrétaires, des agents de services, des portefaix en bref, elles exercent d’autres métiers, le jour et la nuit, elle commercialisent le sexe . Le phénomène qui prend de l’ampleur dans des villes du Togo et d’ailleurs est inquiétant.

Souvent les soirs, les filles sortent avec de petits sacs contenant les pagnes, des objets de beauté et attendent au bord de la rue, aux carrefours ou dans les lieux habituels. Les coins les plus chauds à Lomé sont : Tadjin (Panini), certaines zones de Bè, Akodossewa, Kodjoviakopé, Nyekonakpoé et autres. Des nouvelles zones de prostitution se créent dans les quartiers périphériques comme : Agbalepedo, Adidogomé, Hedzranawoé, et autres.

Les prostituées attirent l’attention des hommes qui passent en leur promettent « une partie de plaisir inoubliable à un prix défiant toute concurrence ». Certaines jeunes filles ont laissé leur numéro de téléphone dans des Hôtels, les auberges, et près des conducteurs de taxi- motos et des taximen qui les appellent en cas de besoin.

Les filles qui s’habillent d’une façon indécente laissant voir leurs caleçons ou même leurs poils et leurs seins, quittent souvent leur quartier résidentiel pour d’autres zones de la ville pour la prostitution.

Les enfants prostituées proviennent le plus souvent, des familles pauvres ou ont des parents irresponsables ou incapables de les contrôler. Et d’autres décident librement de faire ce travail. Beaucoup d’entre elles sont à la recherche de leur pain quotidien. Peu sont celles qui se prostituent par plaisir. Certaines prostituées racontent qu’elles cherchent de l’argent pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. « Vous savez, vous ne pouvez pas comprendre, chaque matin, je donne une partie de ma quête à ma tante qui m’héberge chez elle …Je dois vivre aussi, et de la sueur de mes cuisses… » raconte une prostituée très dégourdie.

La prostitution enfantine n’est pas sans répercussions graves sur ceux qui la pratiquent .Elle agit sur leur santé , leur dignité et toute leur existence. Le Sida, les IST, les grossesses non désirées et autres sont des risques qui guettent les enfants prostitués. Dans la plupart des villes, les personnes les plus touchées par la maladie du Sida sont les enfants et les jeunes. Au Togo, la couche la plus productive de la population, entre 15 à 49 ans est la plus touchée par le sida.

Certaines filles prostituées racontent qu’elles gagnent beaucoup d’argent quand elles font « l’amour sans préservatifs » avec leurs clients, oubliant les dangers qui les guettent. D’autres racontent qu’elles détestent les préservatifs, ce « caoutchouc qui dérange »…

Les adultes, ceux qui devraient combattre le fléau de la prostitution enfantine, encouragent plutôt cette pratique. Nombreux sont ces hommes qui prennent du plaisir à visiter ces milieux malsains de prostitution pour se satisfaire. Toutes « les prostituées professionnelles » ont une histoire. Parmi, elles, il y a des filles qui sont délaissées à elles mêmes, qui ont un passé malheureux ou qui débarquent du village en ville à la recherche du travail, des prestiges de la ville. « Moi, je ne crois pas que je pourrais cesser la prostitution un jour. Je ne peux pas passer une nuit sans faire l’amour avec trois hommes au moins ou un homme qui puisse bien me satisfaire… Je me pose souvent la question : pourrais-je me marier un jour ?Je ne crois pas. Mon mari risque de trop souffrir. Premièrement il ne pourra pas satisfaire mes désirs sexuels tous les jours et il sera cocufié » déclare une jeune prostituée d’à peine 19 ans.

La plupart des clients des prostituées préfèrent les plus jeunes et même les enfants. Il y a même l’existence de « devissimé » littéralement, « le marché des enfants ». Là, des filles d’à peine 13 ans et plus font le tour des trottoirs à la recherche des clients.

Il y a une autre forme de prostitution, qui se développe présentement à Lomé celle des garçons. Déjà, certains conducteurs de taxi-motos (zémidjan) de nuit ont l’habitude de satisfaire et quelque fois sans préservatifs, des prostituées en pénurie de clients. D’autres sont sollicités pour « satisfaire certaines grandes femmes dont les maris ont voyagé ou n’arrivent plus à trouver une solution à leur appétit sexuel ». La prostitution des garçons est un sujet tabou. Beaucoup de personnes ne veulent même pas l’admettre comme un phénomène réel.

Plusieurs jeunes filles togolaises exercent le plus vieux métier du monde loin de chez elles, au Burkina Faso et au Bénin voisin. A Ouagadougou, capitale du Faso, elles sont très nombreuses ces filles de joie en provenance du Togo, qui servent dans les bars et qui se prostituent. Certains bars sont renommés pour abriter les « belles prostituées du Togo », à Ouaga – Là, les prostituées du Burkina « détestent leur sœurs du Togo qui cassent les prix du marché, en acceptant de se livrer à n’importe quel prix », une prostituée du Burkina raconte : « moi je suis une prostituée professionnelle, je passe la nuit avec mes clients à un prix qui n’est jamais en bas de 10.000 F CFA et quand c’est un passage de 1 h ou 2 h, j’exige et je prends tout au moins 5.000 F. Mais il y a des prostituées du Togo qui acceptent de passer la nuit même avec deux mille cinq cents francs CFA. C’est dommage et cela m’énerve ».

Au Bénin comme au Burkina Faso, des jeunes filles du Togo se prostituent et arrivent même à « récupérer des maris qui adorent la sauce et la cuisine Togolaises ».Et pour payer le loyer et pouvoir joindre les deux bouts elles se donnent au plus vieux métier du monde. La plupart des jeunes filles sont confrontées à divers problèmes sociaux et ne savent même pas à quel saint vouer. Le Burkina Faso, « pays voisin, limitrophe et frère » ne dispose pas d’Ambassade du Togo. Il n’y a même pas un consulat du Togo à Ouagadougou…

Sur le terrain, à Lomé, de nouveaux points de prostitution se créent de jours en jours. Les Autorités Togolaises par le biais du Secrétariat d’Etat auprès du Ministère des Affaires Sociales, de la Promotion de la Femme, chargé de la protection de l’enfance et des personnes âgées, ont mené une lutte pour diminuer le phénomène de la prostitution enfantine. Des agents de sécurité arrêtaient des jeunes prostituées…Mais cela n’a duré qu’un temps. Le plus vieux métier du monde évolue encore plus dans le pays. Les étudiantes, les élèves, les coiffeuses, les couturières, les petites commerçantes et autres donnent un coup de pouce à la prostitution, au nez et à la barbe des Autorités et des organisations de défense des droits des femmes et des enfants. Plusieurs jeunes filles sont prostituées la nuit et autre chose le jour.

Si rien n’est fait, la prostitution enfantine décimera la population avec ses effets dont le sida. Les enfants méritent encore plus de protection. Et tous les hommes de bonne volonté doivent lutter pour mettre fin à la prostitution enfantine.

Vivien YEMAH
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