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8 mars : Journée internationale de la femme


  [3/3/2009]  | Kiosque | | Lu :36846 fois | Commenter
 






    
    Dans le cadre des célébrations de la journée du 8 mars,  PlaneteAfrique, chaque année interroge des personnalités diverses en vue de publier leurs points de vue sur une thématique donnée.

Cette année, la question posée est la suivante :

« L'Histoire innove : un président afro-américain est porté aux commandes de la première puissance économique mondiale. Que vous inspire cet évènement ? Quelles sont vos réactions en tant que personnalité littéraire ou artistique ? »




Nadia Ghalem

Il y a des siècles que l'Afrique jazze ses joies et ses douleurs. Il y a des années que de Africains et des Africains Américains ont mis leur intelligence et leurs talents à dépasser le difficile, Le monde se devait de leur faire la place qui leur revient.
L'élection du Président Obama, permet l'espoir, tous les espoirs. Pourvu qu'il ait la grâce de vivre avec bonheur toutes ces obligations !




Paul Aclinou



Vous me conviez à participer à un échange, à l’occasion de la journée de la femme le 8 mars 2009 ; un échange qui porte sur ce que beaucoup considèrent avec raison comme un événement d'une exceptionnelle historicité, c’est – à – dire : l’avènement de faits consciemment posés – ici, par l’électeur américain – et qui s’inscrivent définitivement dans l’histoire ; nous parlons de l'élection de Barak Obama, un afro-américain, à la tête des Etats Unis.
L’Histoire innove donc ; mais, aussitôt le constat fait avec plaisir et avec une profonde émotion, une série d’interrogations vient immédiatement à l’esprit. En effet, si l’histoire innove, pouvons- nous considérer que nous nous tournons par ce fait vers un nouvel horizon ? Si oui, s’agit – il d’un horizon nouveau …
Pour la femme ?
Pour le peuple américain ?
Pour les afro-américains ?
Pour l’Afrique ?
Voire, pour le reste du monde ?
C’est dire si nous avons là, autant de points d’observation – qui ne s’excluent nullement- vers lesquels nous pouvons diriger notre réflexion pour tenter de situer l’évènement aussi novateur soit- il.

Je ne saurais parler d’horizon et de sa profondeur, si au préalable, je ne dégage pas les éléments fondateurs du moment que nous vivons. En d’autres termes, quelles sont les recettes de fabrications ?

Recettes de fabrication

Je ne reviens pas sur l’homme, si ce n’est pour souligner l’extraordinaire lignée d’ancêtres qui aboutissent à lui ; extraordinaire par le brassage génétique dont il est le produit. L’Afrique, bien sûr : le Kenya ; mais aussi l’Europe ; et là, c’est un véritable "assemblage", si ce qui se dit est vrai. Des ancêtres lui viendraient de l’Europe continentale : la Bretagne : Nantes ou Laval ; l’Alsace : Bischwiller ; la Belgique : Wacre… Il en viendrait également de l’Europe insulaire surtout : la Grande Bretagne, l’Irlande et l’Ecosse. A cette galerie d’ancêtres, il faut ajouter ce qui viendrait des indiens d’Amérique.
Pour les Etats Unis, un tel mélange ne doit pas surprendre, étant donné les éléments constitutifs de la nation américaine. Il faut considérer la part "africaine" comme n’étant pas plus important que les autres ; j’y reviendrai.
J’y reviendrai, mais il faut garder présent à l’esprit dès à présent que Barak Obama est d’abord un fils de l’Amérique. Il en est le fils par ses racines certes, mais également par son adhésion pleine et entière à tout ce qui fait – et qui a fait – la nation américaine.

La recette de fabrication, c’est tout naturellement une base de formation solide, entièrement contenue dans le système éducatif du pays, une fois revenu des structures périphériques - Hawaï, l’Indonésie – des premières années de sa vie passées aux cotés d’une mère courageuse, volontaire et déterminée ; car, il fallait toutes ses qualités à Stanley Ann Dunham pour commettre le délit de miscegeneration ; en effet, ce n’est qu’en 1967 que les lois interdisant les mariages interraciaux finiront par être déclarées anticonstitutionnelles. Peut – on penser qu’une telle mère n’ait pas nourri des rêves de générosités et d’harmonie entre les êtres ? Peut –on penser qu’une telle mère n’ait pas placé la nécessité d’intégrité personnelle au plus haut niveau de son échelle de valeurs ? Peut –on penser que Stanley Ann n’ait pas inculqué ces valeurs à son fils, en y ajoutant l’importance de l’accueil, de l’effort personnel, mais aussi, que notre dignité d’être humain est inséparable de celle de ceux qui nous entourent ?

La recette de fabrication, c’est, formé et amplement diplômé, se tourner vers ceux auprès de qui on peut apprendre encore sur le cœur de l’homme, ses souffrances, ses rancœurs ; vers ceux sans lesquels l’Amérique ne serait pas l’Amérique… ceux par qui Barak Obama apprendra que "…Des mots sur un parchemin ne suffisent pas à libérer les esclaves de leurs chaînes, ni à donner aux hommes et aux femmes de toute couleur et de toute croyance leur pleins droits et devoirs de citoyens" comme il le dit dans son discours du 20 mars 2008, discours qui est consacré au problème racial.


La recette de fabrication c’est aussi la profession de foi sur laquelle se fonde la démarche ; ainsi, dit Obama : "J’ai choisi de me présenter aux élections présidentielles à ce moment de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pouvons résoudre les problèmes de notre temps que si nous les résolvons ensemble".
Une conviction donc !

Mais, la recette de fabrication, c’est aussi s’ancrer profondément dans son temps et sa technicité, à commencer par un engagement politique local puis national, avec ses succès et ses échecs qui sont aussi formateurs les uns que les autres.
L’appel à l’unité est tout naturellement dans la recette de fabrication ; ici, ce sera le discours de juillet 2004 lors de la convention démocrate qui en donnera les piliers : l’apologie du rêve américain ; mais aussi celle de la générosité de son Amérique… "Audacity of hope".
S’ancrer dans son temps, c’est aussi la mise à contribution, avec intelligence, de tous les outils que les dernières décennies ont générés ; au premier rang de ceux – ci, l’Internet, désormais incontournable, en particulier dans ses applications de web2.
Pour nous, saisir la recette de fabrication, c’est comprendre que le 10 février n’est qu’un dévoilement…

L’Histoire innove, mais vers quel horizon ?…

Pour la femme…

L’histoire innove vers un nouvel horizon pour la femme ?
Nous ne pouvons pas raisonnablement considérer que l’élection de Barak Obama à la Maison Blanche ouvre en soi, un nouvel horizon pour la condition féminine, que ce soit en Amérique, ou bien, ailleurs dans le monde. Je veux dire par là que la femme dispose d’un horizon assez dégagé aux USA, comme dans d’autres pays européens ; en particulier, l’Europe anglo–saxonne, et plus généralement, l’Europe du Nord ; en tout cas suffisamment pour que l’évènement ne préfigure pas un bouleversement exceptionnel de la condition féminine.

Par contre, si l’horizon était ouvert, il demeurait des zones clair-obscures ; des zones à faire surgir au niveau conscient du peuple américain ; c’est à ce niveau me semble – t – il que se situe l’espoir.
Il faut être conscient en effet que la nouveauté, et donc l’important, vient davantage des débats qui ont jalonné la campagne électorale dans sa première partie, c’est – à – dire, les primaires démocrates entre Hillary Clinton et Barak Obama, que de l’élection dans sa phase finale. C’est lors de ces débats que les qualités intrinsèques de la femme en la personne d’Hillary Clinton ont été mises en balance dans les échanges sans, pour l’essentiel, considérer sa nature de femme comme un élément de controverse et donc de choix. Certes, nous ne pouvons pas exclure absolument l’impact de sentiments misogynes profonds et inavoués chez beaucoup d’électeurs ; la réponse des foules ne me semble pas avoir été dictée par ces considérations.

L’intensité du débat, je dirais même l’âpreté du combat, dans ces primaires a été à la hauteur des enjeux grâce à la qualité des deux protagonistes ; elle l’a été également grâce surtout à la capacité du peuple américain à comprendre la nature du problème dans son historicité ; sa capacité à éviter de s’engager sur les voies sans issues que sont la misogynie politique et la question raciale. Je ne pense pas que le peuple américain n’avait pas conscience du poids de ces considérations à l’heure des choix, mais il a su les dépasser magistralement, et c’est cela qui créé l’évènement ; c’est ce dépassement qui fait l’histoire. C’est ce dépassement qui replace la femme pleinement dans tous les compartiments de la vie de la société américaine ; c’est cela qui peut servir d’exemple ailleurs dans le monde pour l’accueil des femmes dans la vie de la cité.

Voila pourquoi, il n’est pas exagéré, me semble – t – il, de penser que le véritable vainqueur de ces élections, c’est le peuple américain. Cela, par le très haut niveau de sa participation aux débats. En effet, ce peuple a dû affronter lors de ces élections deux des plus redoutables démons des sociétés islamo-judéo-chrétiennes que sont le racisme et le mépris des femmes ; deux démons qui sont érigés en système.
Espérons que cette victoire sur ces démons n’est pas seulement conjoncturelle.
En attendant, bravo pour ce peuple américain !

L’Histoire innove, mais vers quel horizon ?…

Pour le peuple américain…

J’ai déjà dit ce que représente à mes yeux la campagne électorale américaine tant au niveau de la vision que l’on peut avoir sur l’affirmation de la place des femmes qu’à celui de la perception des minorités raciales dans la vie du pays. Dans un cas comme dans l’autre, la réponse est porteuse d’espoir dans le débat interne, mais une rechute reste toujours possible, surtout sur le problème racial ; car, ce problème est majoritairement accompagné d’un aspect matériel qui ajoute au blocage ; je veux parler de la pauvreté et de la misère.

"Le changement arrive en Amérique" annonça Barak Obama à Chicago, le soir de sa victoire. Certes, toute sa campagne électorale a surfé sur l’idée de la nécessité d’un changement ; certes, cette idée s’est avérée mobilisatrice ; elle correspond sans aucun doute à l’attente des Américains ; elle présente l’avantage d’être un programme à elle seule ; voilà pourquoi ce slogan a contribué pour une très large part à la victoire de Barak Obama. J’ai envie de dire et maintenant ? Non pas parce que je doute de la volonté du nouveau président à mettre son programme en œuvre, mais parce que je n’ai pas perçu ce que recouvre en profondeur le changement souhaité et attendu par les Américains dans leurs différentes composantes socio-économiques. Ce qui ne simplifie pas le problème, c’est qu’à l’extérieur du pays beaucoup attendent également le changement de l’Amérique avec là aussi, une palette pratiquement infinie de diversités et donc de demandes ! Y a – t – il recouvrement de ces attentes?
"I believe we have the chance to build more equitable and just societies so that all people have the chance to control their own destinies" (http://www.vanityfair.com/politics/features/2007/07/onthecover_slideshow200707?slide=2#globalNav)

C’était en 2007, et c’était de l’Afrique que Barak Obama parlait ; mais, cela concerne la planète entière aussi, et ceci ne peut se faire qu’avec tous les Américains. Or, il est évident qu’il n’y a pas recouvrement des attentes.

Nous verrons dans une seconde partie, quelle peut être l’étendue du changement annoncé et les domaines qui pourraient être concernés.
Nous devons examiner ce qu’il peut signifier pour les Américains, avant de confronter l’annonce à la réalité des politiques extérieures de l’Amérique.
L’espoir suscité dans le reste du monde ne risque – t – il pas d’être déçu ?
Comment pouvons – nous considérer les ambigüités, les déceptions, voire les illusions des relations entre les Américains, les Afro-américains et les Africains.
Nous verrons enfin, si vous le permettez, pourquoi selon moi, Barak Obama ne peut porter cette africanité qui veut d’abord reconstruire des racines, et qui débouche sur des illusions...

Le visage de l’Amérique qui est espéré de part le monde est nécessairement multiple et multiforme ; comment peut – on espérer que le changement annoncé réponde à chacun des aspects ; illusions ?
"Le changement arrive en Amérique" ; soit ! Qu’apportera – t – il là-bas et ailleurs ?





Thoraya Ahmed Obaid,
Directrice exécutive de l’UNFPA



Aujourd’hui, Journée internationale de la femme, unissons-nous pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles.

Qu’il s’agisse de la traite des êtres humains, de la violence familiale, des crimes commis au nom de l’honneur ou de la passion, des mariages d’enfants, de la mutilation/coupure génitale féminine, ou de la violence sexuelle, qui en bien des situations de conflit a atteint des proportions alarmantes, la violence à l’égard des femmes et des filles constitue un crime honteux qui est trop souvent enseveli dans le silence et trop rarement puni.

Aujourd’hui, nous appelons tous les dirigeants politiques, dirigeants communautaires et dirigeants religieux à se dresser contre la violence à laquelle femmes et filles sont soumises. Nous demandons un dialogue public et un débat public. Nous exhortons les pouvoirs établis, dans tous les pays, à promulguer et faire appliquer des lois pour traduire en justice les auteurs de violences et pour fournir aux survivantes des services de santé et un appui social.

Nous rendons hommage aux femmes qui ont montré la voie concernant cette question et nous exhortons davantage d’hommes et de garçons à user de leur influence pour un changement positif.

Ensemble, nous pouvons modifier les normes sociales et les attitudes qui excusent la discrimination et la violence à l’égard des femmes et des filles. Ensemble, nous pouvons renforcer les systèmes juridiques, l’accès à la justice et l’état de droit afin de protéger et défendre les droits de l’homme. Ensemble, nous pouvons fournir aux survivantes des services de santé et un appui social. Nous devons garantir le droit à la santé sexuelle et reproductive, et dispenser une information et des services concernant la planification familiale, la maternité sans danger et la pré-vention du VIH.

La violence à l’égard des femmes et des filles n’est pas un problème de femmes —c’est un problème qui nous touche et nous diminue tous. Aucune coutume, tradition ni religion ne peut justifier un traitement cruel et dégradant.

Aujourd’hui, montrons-nous solidaires des femmes et des filles qui méritent de vivre dans la dignité, à l’abri de la crainte et de la honte. Soyons les avocats résolus de la tolérance zéro pour la violence à l’égard des femmes et des filles dans nos foyers, nos écoles, nos lieux de travail et nos lieux de culte, nos communautés et nos nations. Le moment est venu pour les hommes et les femmes, les garçons et les filles de travailler ensemble à mettre fin à ces honteuses violations des droits de l’homme. Aujourd’hui et chaque jour, l’UNFPA, qui fait partie de l’Organisation des Nations Unies, soutiendra les efforts menés par les pays pour éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles, et pour promouvoir l’autonomisation des femmes, l’égalité des sexes, la santé et les droits en matière de reproduction.


Rhode Bath-Schéba Makoumbou
Artiste plasticienne de la République du Congo (Brazzaville)
http://www.rhodemakoumbou.eu
rhode@rhodemakoumbou.eu




Comme pour les autres personnes de notre planète, l'élection de Barack Obama a vraiment été une grande surprise pour moi.
On m'aurait fait cette suggestion il y a un ou deux ans, je n'y aurais pas cru.

Elle a une très forte porté symbolique, surtout quand on connaît un peu le passé ségrégationniste de l'histoire des Etats-Unis. Je n'étais pas née, mais j'ai souvent entendu parlé du combat des afro-américains comme par exemple celui de Martin Luther King ou Malcom X.

C'est aussi un exemple pour le monde noir, qui même avec toutes les difficultés que vit l'Afrique, est entrain de bouger. Il y a de plus en plus de noirs, hommes et femmes, qui se rendent de plus en plus visibles par leurs activités sur le plan économique, scientifique, politique, culturel, artistique et sportive dans le monde.
Je pense aussi qu'au delà du phénomène Obama, il y a avant tout la profonde détermination d'un homme qui a réussi par un travail assidu et réfléchi, par une énorme activité pour un nouveau projet qui nous redonne de l'espoir à tous.





Tanella Boni

Il y a eu, ce mardi 20 janvier 2009, quelques instants de pur bonheur pour les quelques deux millions de personnes qui ont fait le déplacement. Et pour le monde vivant l’événement en direct. Braver le temps qu’il fait, le grand froid. Faire fi de la distance et parcourir des milliers de kilomètres, en imagination ou en vrai, pour être là et voir et vivre. Etre là et entendre. Etre témoin de l’instant où le monde s’ouvre au monde et bascule vers l’espoir. L’espoir de vivre une vie meilleure, les pieds sur terre. Deux millions, non, pas une foule informe. Deux millions d’individus. Chacun saisi par l’espoir de vivre. L’espoir, mot mille fois gravé, répété, intériorisé. Même par les plus sceptiques, désabusés par huit années Bush, sortis du fond de la déprime d’une crise mondiale toujours d’actualité. Comment chanter l’espoir et remettre au goût du jour quelques valeurs qui refondent l’humanité au moment même où tout va si mal ? Peut-être faut-il parier sur l’avenir. Personne ne sait ce qui attend le monde demain. Personne ne sait ce qui arrivera à chacun demain, qu’il vive aux Etats-Unis d’Amérique ou ailleurs, au bout du monde. Parier sur l’avenir. C’est le sens de la magie de quelques instants inoubliables. Instants de pur bonheur. Instants fugaces qui autorisent le transfert d’énergies positives à ceux qui doutent encore. Instants de bonheur qui permettent de soulever des montagnes !

Le nouveau président des Etats-Unis ne tombe pas du ciel, peu s’en faut ! Il vient de loin. Yes we can ! Ce n’est pas rien, pas seulement un slogan de circonstance. Mais un concentré de méthode Obama. Car il s’est levé de bonne heure, à l’heure de l’information et de la communication. A l’heure du temps réel. Il a mesuré ses ressources intérieures aux forces des vents contraires qui secouent le monde. Il n’est ni ange ni messager providentiel qui viendrait ordonner le chaos. Voilà pourquoi il nous interpelle. Pour le rendez-vous avec l’histoire. Cette histoire qui bifurque de sa trajectoire supposée, s’écarte de quelques idées reçues, bat en brèche le déjà vu, ouvre les portes de l’inconnu pour mieux s’écrire avec le premier président Noir des Etats-Unis. Et celui-ci est en train de montrer au monde, par son attitude positive d’unité dans la diversité, que la couleur de la peau est, tout compte fait, si peu de chose, même si des milliers d’individus s’y accrochent encore, au 21ème siècle. Son discours d’investiture nous invite à dépasser les clivages religieux, les peurs entretenues, toutes les petitesses et les calculs d’humains vivant dans leur bulle vide d’humanité, regardant l’autre en chien de faïence, comme la menace immédiate…Si personne ne voit la vie en rose, peut-être faut-il parier sur la gerbe arc-en-ciel qui préfigure la naissance de l’espoir ? Parier et s’en tenir à ce pari, malgré tant d’incertitudes…

Tanella Boni

21 janvier 2009





Nadia Ghalem
Ecrivain québécoise



Il y a des siècles que l'Afrique jazze ses joies et ses douleurs. Il y a des années que de Africains et des Africains Américains ont mis leur intelligence et leurs talents à dépasser le difficile, Le monde se devait de leur faire la place qui leur revient.
L'élection du Président Obama, permet l'espoir, tous les espoirs. Pourvu qu'il ait la grâce de vivre avec bonheur toutes ces obligations !

Biographie : issue de http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurG/ghalem_n/nadia.html
Nadia Ghalem est née à Oran en Algérie. Elle ne connaît pas Oran car elle a toujours voyagé… pour finalement s'installer à Montréal le 31 décembre 1965. Elle y réside depuis, après une adaptation difficile. Elle se perçoit comme un cocktail d'origines ethniques : Berbère, Arabe, Turque, bref méditerranéennes.

Elle a «décroché» de l'école à l'âge de seize ans à cause du divorce de ses parents et de la guerre qui sévissait autour. Elle obtient son premier emploi de journaliste à dix sept ans et travaille pour la radio, et la télévision algérienne et française. C'est à ce moment-là qu'elle écrit son premier roman qui n'est pas été publié. Elle a voyagé en France, en Allemagne, en Côte d'Ivoire, au Niger puis en Espagne où elle a résidé chaque fois environ deux ans. Elle a fait des voyages plus brefs en Californie, Louisiane, et ailleurs au États-Unis, ainsi qu'au Mexique. Elle s'intéresse à l'Histoire de l'art, l'histoire des religions, la paléographie, l'astrophysique et, tout ce qui questionne le sens de la vie.

Elle poursuit sporadiquement des études : en psychologie, en littérature, en sciences politiques, pour finalement obtenir une maîtrise en communication de l'UQAM en 1995.
Elle a travaillé pendant une trentaine d'années comme journaliste pigiste à Radio-Canada et Télé-Québec, puis comme auteure pour la Radio de Radio-Canada (qui a également diffusé trois de ses pièces de théâtre) et la télévision de TV Ontario. Elle a également publié dans différentes revues de langue française et a été invitée comme conférencière dans différentes universités au Québec, ainsi qu'en Italie et en Louisiane.

Elle publie en 1980, son premier recueil de poèmes(à tirage limité) puis suivent des œuvres qui, pour la plupart ont été finalistes à différents prix. La rose des sables, un roman jeunesse a reçu le prix du CRÉDIF à Paris en 1993. Elle est l'auteure de : Exil (poèmes) en 1980, Les jardins de cristal (Roman, 1981), L'oiseau de fer (nouvelles, 1981), Ceci est un message enregistré (Radio-théâtre, 1982), Manon, la Louisiane (Radio-théâtre, 1984), La villa désir (Roman, 1988), La nuit bleue (nouvelles, 1991), La rose des sables (roman-jeunesse, 1993), À L'ombre du soleil (scénario, 1993), Les effets pervers de la mondialisation en communication (essai, UQAM, 1995), Le Huron et le huard (roman-jeunesse, 1995).

Elle donne, également, des récitals de poésie : Les chevaux sauvages, 1996; Ce jour-là (théâtre, Maison de la culture Côte des Neiges, 1999).

L'auteure a été membre des conseils d'administration suivants : La société des auteurs recherchistes et documentalistes (SARDEC), Le Conseil de presse du Québec, Le regroupement des journalistes pigistes (présidente), Le Cercle des femmes journalistes (présidente), Le prix Judith-Jasmin (présidente), Les artistes pour la paix, l'UNICEF (Communications), l'Association des écrivains jeunesse du Québec (REJQ), vice-présidente, l'Association des rédacteurs-réviseurs du Canada .
Comme bénévole, elle travaille auprès des jeunes confrontés à des problèmes de santé mentale et de décrochage scolaire.
Depuis 1995, l'auteure travaille en communication et pour des levées de fonds.







Suzanne Dracius

Je vis sur un volcan. La nuit dernière, Fort-de-France était à feu et à sang. De chez moi j’entendais comme des coups de canon, jusqu'à l’aube (sans doute ce que l’on appelait les « lance-patates » en Mai 68)… En tout cas, lacrymo à gogo. Une dizaine de blessés, magasins éventrés, voitures brûlées… Un vrai mercredi des Cendres. Voilà où ça mène, d’exaspérer les gens en refusant de céder d'un poil dans les négociations — et en gâchant le Carnaval ! Car la Martinique est en grève générale depuis plus de trois semaines.

Je vis sur un volcan. Volcanique et calazaza, j’ai le sang du Noir qui coule en moi, mêlé au sang du Blanc et à tant d’autres encore : je suis 100% métisse, sacré paradoxe, si l’on se souvient qu’un tissu doit être 100% coton, sinon il est appelé « métis », dès qu’il est mélangé ! 100% sang-mêlé… Or un béké de 82 ans — et non des moindres, l’industriel le plus puissant de l’île — vient de tenir, devant une caméra de télévision, des propos hallucinants, méprisants à l’égard du métissage et nostalgiques du bon vieux temps de l’esclavage : « Quand je vois des familles métissées, enfin, des Blancs avec des Noirs, les enfants sortent de couleurs différentes, il n’y a pas d’harmonie. Il y en a qui sortent avec des cheveux comme moi, il y a d’autres qui sortent avec des cheveux crépus dans la même famille avec des couleurs de peau différentes. Moi je trouve pas ça bien. On a voulu préserver la race. » Et d’arborer, avec une arrogance satisfaite, l’arbre généalogique regroupant les familles békées de Martinique, qui, selon lui, descendraient toutes d’un certain Jean Assier arrivé dans l’île en 1650. À propos de l’esclavage — qu’il n’a pas connu de son vivant, puisqu’il fut aboli en 1848 —, le vieux béké se lâche : « Les historiens exagèrent un petit peu les problèmes, ils parlent surtout des mauvais côtés de l’esclavage, mais il y a des bons côtés aussi, c’est où je suis pas d’accord avec eux ; il y a des colons qui étaient très humains (allez !), avec leurs esclaves, qui les ont affranchis, qui leur donnaient la possibilité d’avoir un métier, des choses… »
J’aimerais lui lancer en pleine face, pour toute réponse, à ce visage pâle agressivement fier de l’être, l’inauguration de Barack OBAMA, métis porté aux commandes de la première puissance mondiale, quitte à ce qu’il n’y trouve « pas d’harmonie » !
Quand Barack OBAMA plafonne à 500000 dollars par an les salaires des patrons d’entreprises renflouées et limite les « parachutes dorés » prévus en cas de rupture de leur contrat, on peut rêver un miracle similaire en Martinique, où nous sommes en grève contre la vie chère et l’exploitation outrancière, parce que trois grandes familles békées possèdent 40% des grandes surfaces de l’île, et que les békés, qui constituent moins de 1% de la population, possèdent 52% des terres agricoles et 90% de l’industrie agro-alimentaire. Grâce à ce monopole, cet oligopole, les békés fixent leurs tarifs, et les Antillais, clientèle captive comme au temps de la plantation où ils ne pouvaient acheter que dans la boutique de l’habitation avec des caïdons, ne peuvent choisir qu’entre des produits chers, d’autant plus que les deux premiers importateurs de l’île sont les deux mêmes békés propriétaires de supermarchés.

Au moment même où il voulait se faire passer pour un noble descendant de colon plein de mansuétude, le béké sénescent a frappé d’un revers de main brutal son chien qui s’était approché du « précieux » document pour renifler les miasmes d’une race soi-disant « pure »... J’ai moi aussi été frappée. Sa violence en disait long sur la manière dont il pouvait traiter « ses nègres » ! Il y a de quoi flairer les relents suspects d’un mensonge éhonté : contrairement à ce que dit ce béké, qui déclare « En 1635, des nobles français colonisent l’île de la Martinique… », il n’y eut guère d’aristocrates parmi les premiers colons, à peine 10 % ! Et encore, c’étaient des cadets de famille, c’est-à-dire n’ayant pas le droit d’aînesse, sans titre et désargentés. Cependant, de même que les békés descendent de serfs et de péripatéticiennes, la majorité des esclaves noirs n’étaient pas fils de rois — même s’il a pu y avoir, ici ou là, un prince vaincu qui a dû faire partie du bois d’ébène, tel Bug Jargal dans le roman éponyme de Victor Hugo —, ni les Indiens fils de maharadjahs, ni les Chinois fils d’empereurs, ni les Syriens fils de cheikhs. Nous sommes tous des bâtards, comme le démontrait le guyano-martiniquais Bertène Juminer dans son roman du même nom. Faisant fi des fantasmes et complexes de panoplie ou autres préjugés raciaux, il importe pour nous, désormais, d’assumer notre bâtardise et de fonder enfin une société postraciale, en vertu du magistral discours de Philadelphie de Barack OBAMA.

L’esclavage étant reconnu crime contre l’Humanité depuis 2001, les propos d’Alain Huyghues-Despointes dénotent non seulement une inculture patente et une mauvaise foi flagrante, mais relèvent du négationnisme et du révisionnisme pur et simple. J’ai, avec quelques amis — une dizaine, au début, mais le nombre de plaignants enfle de jour en jour —, porté plainte contre ce monsieur pour délit d’apologie de crime contre l’humanité et pour incitation à la haine raciale, faits prévus et réprimés par la loi du 29 juillet 1881. (Nous verrons quelle suite lui sera donnée par la justice locale, composée exclusivement de juges blancs…)
Ainsi l’algarade du béké face à l’avènement de Barack OBAMA — non seulement afro-américain au sens propre, mais métis — m’a-t-elle également inspiré un poème en octosyllabes et alexandrins par provocation et défi, en singe savant que l’on nous accuse d’être et qui attaque l’ennemi sur son propre terrain avec ses propres armes, puisqu’il paraît qu'avec le métis « il n'y a pas d’harmonie », alors en voilà, de l’harmonie ! Des acrostiches on ne peut plus académiques (c’est-à-dire des vers formant BARACK et OBAMA lus verticalement), en référence à Césaire qui écrivait à Depestre « Marronner ! Il faut marronner ! » en lui recommandant de s'écarter des règles classiques, rimes et autres contraintes de versification prônées par Aragon. Je marronne de l'intérieur, à l'intérieur des règles : plus je les respecte en apparence, plus je m'en affranchis en profondeur. Écrire au féminin pluriel, d’une plume engagée mais surtout dégagée et même gagée au sens créole, c’est-à-dire habitée d’une force enthousiaste, mue par une philosophie obamanienne, axée vers un idéal postracial. (En tant que femme j’apprécie l’hommage que Barack OBAMA rend à l’intelligence de son épouse Michelle, qui n’est pas réléguée au rang de potiche.)

Plusieurs mois avant l’élection d’OBAMA, premier métis président des États-Unis, j’avais publié Exquise déréliction métisse , dont le titre en oxymore synthétise ma démarche polymorphe, non seulement esthétique, en matière d’effets stylistiques et autres figures rhétoriques que j’affectionne sans affectation, mais aussi fervente, ardente d’intentions multiples, ainsi qu’en témoignent les divers sens d’exquis, du latin exquisitus, signifiant non seulement délicieux, mais recherché, rare, prisé. Tel est le métissage, qui subit cependant, en ce monde, la totale déréliction, un abandon profond, ne serait-ce que parce qu’il était, d’une part, nié par les lois raciales stipulant qu’une goutte de sang noir suffit à faire d’un métis un nègre, et parce que, d’autre part, il est, de nos jours, contesté par les tenants d’une afrocentricité qui clame : « Où sont les royaumes métis ? Où sont les rois métis ? On connaît les grands royaumes noirs, les grands rois nègres, pas les rois métis ! » Eh bien je connais — le monde connaît — un président métis, et non des moindres : l’homme le plus puissant du monde est métis. Or pour moi monarchie rime avec esclavagisme en une discordante assonance, car seules des Révolutions surent abolir l’esclavage. Voilà où ma poétique rejoint le politique, non pas celui d’un pays, mais celui du monde. Rejeté par le Noir, méprisé par le Blanc, tel est — tel était ! — le statut du métis. Voilà pourquoi j’ai toujours préféré affirmer mon métissage plutôt que ma créolité, qui — faute d’être universelle —, me couperait des autres métis de par le monde, qui sont plus nombreux qu’ils ne le croient !
J’écris dans un pays « bandé » par la grève. À l’heure où les Antilles se battent pour obtenir la baisse des prix des « produits de première nécessité », je ne puis m’empêcher de songer aux biens de « haute nécessité » — patrimoine culturel, indispensable anamnésie, vitale connaissance de notre passé occulté, si indigeste soit-il — nécessaires pour survivre dans notre avenir pluriel. Plus que jamais ma petite île est un monde à l’échelle humaine où se réveillent anges et démons, où se révèlent des vérités qui secouent l’Hexagone entier et sont en passe d’ébranler le monde : la BBC téléphone tous les jours au Collectif du 5 Février !
Malgré l’avènement d’OBAMA qui nous permet de relever la tête et nous remplit d’allégresse autant que d’espoir, à l’orée du XXI è siècle, j’ai bien conscience que tout n’est pas réglé d’un coup, qu’il est le président des USA et que son action, si bénéfique soit-elle, ne va pas changer directement le sort des Antilles françaises. Rien n’a changé depuis plus de trois siècles. Rien n’a vraiment changé depuis 1960, date où un autre patriarche béké paternaliste déclarait tout de go, à la télévision française de l’époque, l’ORTF : « Le Noir, c’est comme un enfant. Il faut être juste, on en obtient ce qu’on veut. » À la question du journaliste « Vous êtes un béké, qu’est-ce qu’un béké ? », fier mais inconscient de la consanguinité sur une île de 1000 km2, ce M. Hayot répondait : « C’est ce qu’y a de mieux. Les békés c’est le… ce sont les descendants des Blancs européens qui se sont reproduits en race pure dans les colonies. » Les Martiniquais, les Français, le monde entier — puisque cette vidéo circule sur Internet — se voient projetée à la face une certaine arrogance békée que l’on pouvait croire obsolète, dont je n’ai cessé de parler dans mes romans, mais qui s’avère être, jodi jou — au jour d’aujourd’hui —, une réalité certaine. Quand le béké aura renoncé à « préserver la pureté de la race », la blanche, bien sûr, alors on pourra commencer à y voir clair. Mais nous n’en sommes pas encore là ! Nous n’en sommes encore qu’aux vœux pieux. La fratrie universelle, nous en sommes loin ! C’est le béké lui-même qui a créé fables et chimères — monstre mythologique crachant le feu, à tête de lion, ventre de chèvre et queue de dragon ! C’est le béké qui a fait des métis en violant les Noires — jamais l’inverse, le ventre de la Blanche étant tabou, interdit aux Noirs : là réside la force symbolique de l’émergence de Barack OBAMA, de mère blanche et de père africain, car son existence même brave l’interdit. Qu’il le veuille ou non le sang du béké circule en moi, une goutte de son sang : la voilà, la goutte ! Mais inversée, puisqu’aux yeux du Blanc il suffit d’avoir une goutte de sang noir pour être impur. Je peux l’utiliser, cette goutte, je peux y puiser, lui donner la parole en une cathartique logorrhée propitiatoire pour exprimer une volonté d’expiation, laver les souillures et les miasmes résiduels de l’esclavagisme. Je dis bien de l’esclavagisme, pas de l’esclavage, car, contrairement à bon nombre de mes « congénères » martiniquais, ce n’est pas de l’esclave en moi que j’ai honte, c’est de l’aïeul forcément esclavagiste qui a forcé mon aïeule noire. En moi sa voix est dominée par les voix noire, marronne, caribéenne… la voix humaine, en somme, car « Homo sum, a me nihil humanum alienum puto » (Je suis un être humain, rien d’humain ne m’est étranger), dixit le premier écrivain africain, Térence, un jeune esclave, au II è siècle avant notre ère, que je citais en exergue dans Rue Monte au ciel .

En 1989, en plein Bicentenaire de la Révolution, interviewée sur TF1, la première chaîne de télévision française, par Patrick Poivre d’Arvor pour présenter L’autre qui danse , mon premier roman, j’eus l’occasion d’expliquer qu’en Martinique règne, de nos jours encore, une ségrégation raciale, une forme officieuse d’apartheid d’autant plus pernicieuse qu’elle est discrète et insidieuse, que la caste béké, endogamique et exclusive, vit dans une bulle invisible sans se mélanger à la population « de couleur ». C’était si inouï, une Martiniquaise ayant un tel franc-parler, que RFO a diffusé l'émission à 20 heures, en prime time, fait exceptionnel pour une émission littéraire. J’ai été la première à oser parler librement à la TV du métissage et des séquelles de l'esclavage… Je devrais dire la 1ère et la dernière — le mot béké était tabou, personne n’osait l’employer — jusqu’à ce reportage de Canal + qui a enfin délié les langues et libéré les esprits ankylosés, vingt ans après ce 22 mai 1989 — date symbolique de la fête de l’Abolition de l’esclavage choisie pour la diffusion. Invitée par PPDA à m’exprimer en toute liberté, comme je l’avais fait dans mon livre — ce qu’il avait apprécié —, je rappelai que les békés ne se sont pas toujours montrés très attachés à la France quand il s’agissait de préserver leurs intérêts et de sauver leur peau : sous la Terreur, les békés vendirent la Martinique à la couronne d’Angleterre pour échapper à la vindicte révolutionnaire de Victor Hugues, surnommé Le Terrible, envoyé par la France avec sa guillotine qui eut le temps de couper la tête aux aristocrates de Guadeloupe, y décimant la communauté békée. Et la Convention eut beau abolir l'esclavage, cette première abolition ne fut jamais appliquée à la Martinique. Quant à la seconde Abolition, celle de 1848, puisse-t-elle s’avérer effective, dans les esprits et dans les faits, hic et nunc, il en est grand temps ! C’est en marche. Et OBAMA ouvre la voie.
Je suis pénétrée d’enthousiasme pour cet homme d’une envergure peu commune. Je ne me suis jamais sentie aussi fantasmatiquement américaine, dans le sens où l’entendait Vincent Placoly, qui se définissait comme un créole américain. Non seulement j’envie aux Américains leur président, mais je partage son refus de tout séparatisme, tout communautarisme. Il ne s’agit pas de remplacer une ségrégation par une autre ! Si je m’insurge contre l’apartheid béké, ce n’est pas pour en appeler un autre de mes vœux ! Oui les métis, de par le monde, sont plus nombreux qu’on ne le croit, qu’on le veuille ou non, « harmonieux » ou non, ce qui implique que je conçois le métissage assumé comme une plénitude, un accomplissement, un idéal. J’entends par là un métissage qui n’est pas purement racial — ce qui est une aberration, puisque les races n’existent pas et qu’il n’existe qu’une race humaine avec différents phénotypes —, mais culturel, idéalement.

Suzanne Dracius

http://www.suzannedracius.com

Pointe des Nègres (lieu de débarquement des esclaves déportés d’Afrique lors de la Traite négrière de sinistre mémoire)

26 février 2009



Lauren Ekué



Le 04 novembre 2008, j'étais à Harlem. Quelques jours auparavant, j'ai rencontré le staff officiel de l'équipe d'Obama. J'ai rencontré le député Charles B. Rangel qui s'est fait connaitre en combattant l'apartheid.

Le soir de cette élection qui fait déjà date, j'étais au milieu des gens, Noirs et Blancs. Nous vivions en plein optimisme. Nos yeux étaient des écrans géants baignés de larmes de fierté. J'ai marché avec les Afro-Américains. Et j'ai compris l'importance de l'entêtement. Que l'usage de la tête et surtout celui des jambes est nécessaire pour rester debout, droit, digne, humain. Ce jour de gloire devrait se reproduire et devenir un jour banal. Les Noirs sont des êtres ordinaires. Ne nous limitons plus à ce que l'on nous impose. YES WE CAN. Barack ne sauvera pas seul un monde en pleine débacle financière et morale mais sa victoire dope sérieusement notre confiance en nous, notre estime de soi. Pour se hisser au sommet Barack a mis de côté les faiblesses inhérentes à l'être colonisé. Marchons dans ses pas.
Image : http://aflit.arts.uwa.edu.au/AMINAekue06.html





Dominique Rocher



Avec l’élection de Barak Obama comme quarante-quatrième président des Etats-Unis,
l’Amérique a fait voler en éclat l’idéologie qui consiste à faire croire qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains et les races.
« Où allons-nous » ? demandait Martin Luther King en 1967.
Il semblerait, selon son vœu, que nous allions enfin « nous asseoir ensemble à la même table de la fraternité », une fraternité mondiale. « Condition absolue de la survie de l’humanité » et tout cela dans la non-violence. .
Car toujours selon lui, il ne faut pas détruire mais construire. Construire un monde nouveau,
« Amerique, il faut que tu naisses de nouveau » ! disait-il. C’est là la charge du nouveau président des Etats-Unis.
Que l’Amérique naisse de nouveau sur une base de justice et de tolérance pour chaque individu. Mais ce n’est pas seulement cette grande nation qui est concernée, c’est le monde entier qui doit suivre cette voie pour que chaque humain puisse vivre dans la paix et dans la dignité quelle que soit la couleur de sa peau.

Le langage universel des arts me paraît un des moyens le plus sûr de réunir les individus, quelles que soient leur condition sociale et leur culture.
Certains pensent que leur nation doit être protégée des apports extérieurs afin de conserver leurs traditions et leurs racines. Ils oublient que c’est la diversité qui les enrichit et les mélanges qui les fécondent. Les jeunes semblent l’avoir bien compris. Nombre d’entre eux se sont ralliés au hip-hop, ce mouvement culturel et artistique apparu aux Etats-Unis d’Amérique dans le secteur new-yorkais au début des années 70. Originaire des ghettos noirs, il mêle les aspects festifs et revendicatifs. Le hip-hop s’est ensuite répandu non seulement dans ce pays mais dans le monde entier.
La culture a un rôle immense à jouer, celui d’abolir les frontières entre les individus.
L’élection de Barak Obama ne concerne pas seulement les américains mais tous les habitants de la planète.
« Monde, il faut que tu naisses de nouveau » !
« Yes, we can » ! a proclamé le nouveau président des Etats-Unis.
Oui, tous ensemble, au-delà des préjugés raciaux et religieux, bâtissons ensemble un monde meilleur.
« Nous pouvons » !
C’est à chacun de nous de faire écho à sa conviction, même si la tâche est considérable.
Pour cela, prenons exemple sur le petit colibri de la légende amérindienne suivante.

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : «Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ?» «Je le sais, répond le colibri, mais je fais
ma part».

Dominique Rocher
Site web : www.dominiquerocher.com






Myriam et Marie-Thérèse IDRISSA
AIDNA,
Association Idrissa Pour le Niger et son Avenir,
http://www1.planeteafrique.com/Aidna



Barack Obama est le symbole de la réunification des peuples.


L'heure n'était pas venue pour les femmes d'être aux commandes de la première puissance mondiale et d'avoir justice et reconnaissance d'une égalité par rapport à l'homme. Il fallait d'abord qu'il y ait Unité entre les hommes : un seul pays, un seul peuple pour marcher et avancer. Avec Barack Obama, la couleur de peau et le statut social ne sont plus des obstacles mais une fierté, une force. De part ses origines afro-américaines, tous les hommes peuvent redevenir égaux, tous les pays et tous les peuples se reconnaissent en lui et se sentent représentés, et c'est justement ce qu'il fallait dans le contexte mondial actuel, déchiré de part et d'autre.
De plus, l'Amérique était dans un tel drame économique qu'il fallait nécessairement la poigne d'un homme pour la remettre sur pied. Il fallait un homme pour faire face au terrorisme mondial et diriger les armées, réformer et organiser la politique nationale et internationale.

Cela dit, la femme n'est pas exclue de cette grande mission. On la voit bien présente, au sein du gouvernement elle siège à des postes clefs.

Enfin on peut aussi espérer pour le Continent Africain que l'avènement au Pouvoir de l'un de leurs enfants, leur permettra d'avoir à travers lui un porte-parole qui les ramène d'égal à égal dans les grandes décisions, notamment l'exploitation et la redistribution de leurs propres richesses, et ce afin qu'ils accèdent à une véritable autonomie et développement, pour la dignité et l'intégrité des peuples autochtones.





Florence Mercier
AIDNA,
Association Idrissa Pour le Niger et son Avenir,
http://www1.planeteafrique.com/Aidna

Je crois en l'espoir qe représente ce nouveau président il est porteur de changement des mentalités.
Souhaitons qu'il ne soit pas seulement une image et qu'il puisse mettre réellement en place une politique innovante d'ouverture.
Le monde est face à un choix soit il continue sur sa lancée et court à sa destruction soit il prend une nouvelle direction : respect de l’environnement, arrêt de l’individualité et retour à des valeurs de partage arrêt de la productivité à outrance ... et se donne les moyens de s'en sortir.
Voilà ce que cette élection américaine représente pour moi
Puisse l'avenir me donner raison....
mercier





Ghislaine SATHOUD
Le changement est arrivé en Amérique !



Le parcours laborieux de la communauté afro-américaine pour vaincre le racisme est un secret de polichinelle : discriminations, brimades, humiliations ; il aura fallu attendre longtemps pour changer la donne. Au fils du temps, les Afro-Américains durent se construire une rigide carapace afin de s’y réfugier le plus souvent possible, lorsqu’un tel retranchement s’avérait nécessaire, oubliant ainsi un tant soit peu la ségrégation raciale qui sévissait durement. En même temps, et c’est une preuve de courage – légitime défense ? – d’autant plus qu’ils développèrent moult astuces ; des stratégies furent minutieusement envisagées pour reconquérir leur autonomie, pour combattre les injustices. Grâce à ces nombreuses initiatives, des changements sont en train de se produire sous nos yeux ; voilà pourquoi la dernière élection américaine fut un moment de profonde émotion, un moment qui suscita une effervescence sans précédent.

Finalement, la victoire du premier président Noir des États-Unis s’inscrit dans la continuité de la lutte contre le racisme, la discrimination et la xénophobie. Comme l’illustrent clairement d'innombrables preuves, il y a beau temps que la problématique de l’intégration des Noirs dans la société américaine fait polémique.
Avec son Rêve, Martin Luter King lutta en faveur d’une intégration réelle des Noirs à la société américaine. Peu à peu, non sans difficultés, l’idée a fait son chemin. Plus intéressant encore, de génération en génération, ce Rêve a été soigneusement préservé comme précieux héritage, mais surtout comme un idéal à atteindre coûte que coûte. Résultat : le rêve – une partie du rêve peut-être ? – vient de se réaliser ; actuellement un Noir est président des États-unis, chose impensable il y a quelques années seulement.

Du côté de l’histoire sombre des Afro-Américains, l’abolition de l’esclavage fut sans aucun doute un ballon d’oxygène, d’ailleurs ces exclus exigèrent péremptoirement le changement des mentalités. Il faut cependant dire que les assassinats et les emprisonnements des militants des droits civiques furent fréquents…

Or, comme on peut le constater, malgré les obstacles susmentionnés, les militants pour la cause noire réussirent à traverser les tempêtes avec force. Non seulement cela, ce qui est encore plus impressionnant, c’est qu’ils réussirent à s’imposer dans un environnement qui leur était hostile.
Où en est-on ? Où va-t-on ? Et le racisme, faut-il déjà le ranger dans les oubliettes de l’histoire ?
À l’heure actuelle, d’aucuns soutiennent mordicus que le moment est venu d’accélérer la lutte contre le racisme.
Si tout le monde s’accorde à dire que l’entrée en scène d’un Noir dans la course présidentielle donna une tournure inattendue à ce fait marquant de l’histoire de la plus grande puissance mondiale ; dans le même sens, la victoire historique Barack Obama fait souffler indéniablement
un vent d’espoir en Amérique. En fait, cette victoire est un honneur pour les Noirs disséminés aux quatre coins du globe, quelles que soient leurs origines. Il est particulièrement intéressant de souligner que Barack Obama a propulsé la cause noire vers d’autres sommets : c’est carrément une consécration !
Et puis, bien sûr, la victoire de Barack Obama est un événement de très grande envergure qui inscrit un fait révolutionnaire dans l’histoire de l’humanité : changement inévitable ou correction d’une injustice ? C’est selon…

C’est ce qu’il faut retenir de ce radical changement dans les mœurs d’une société qui pratiqua longtemps l’esclavage. En tout cas, rien ne sera plus jamais comme avant cet inoubliable moment, qui suscita beaucoup d'enthousiasme tant dans le pays organisateur qu’à l’échelle internationale. Qui plus est, cette situation continue de défrayer la chronique comme ce fut le cas récemment lors de la première visite à l’étranger du président Obama, qui était au Canada le 20 février 2009. Force est de constater que cette visite contribua à rehausser l’éclat des festivités entourant le Mois de l’histoire des Noirs. Pour la petite histoire, durant tout le mois de février, plusieurs activités sont organisées au Canada et aux États-unis, l’objectif de ces commémorations est de souligner l’apport des Noirs dans leurs sociétés respectives. Ainsi, pour passer au peigne fin la vie des Noirs, rien n’est laissé au hasard, y compris leurs joies et leurs douleurs.

Pendant que nous célébrons la Journée internationale de la femme, il est indispensable de mentionner le rôle de Michelle Obama, la première first lady noire, qui aux yeux de plusieurs observateurs est reconnue comme une pièce essentielle dans le cheminement de son époux vers la Maison Blanche. Il suffit de se souvenir de sa remarquable intervention, le 4 novembre 2008, lors de l’investiture officielle de Barack Obama comme le candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine. En effet, l’avocate – diplômée de Harvard, comme son mari – donna le coup d'envoi de la Convention démocrate. En toute franchise, Michelle Obama n’a pas du tout hésité de prêcher pour sa paroisse : « Mon mari sera un président extraordinaire », a-t-elle affirmé fièrement devant des milliers de partisans réunis à Denver pour cette occasion particulière. L’assistance était suspendue aux lèvres de cette brillante oratrice qu’est Michelle Obama.
Et Hillary Clinton de marteler : « Quiconque a vu le discours de Michelle hier soir sait qu'elle sera une grande Première dame pour l'Amérique ».

Quant à son président de mari, qui ne tarit pas d'éloges à l'endroit de sa compagne, ses propos confirment une franche admiration pour celle qui joue tour à tour divers rôles dans sa vie :
« Ma meilleure amie depuis seize ans, le roc sur lequel repose notre famille, l'amour de ma vie…».
Par contre, l’histoire de Barack Obama se confond désormais au combat des Afro-Américains.

Cependant, quels enseignements peut-on en tirer ? Il est permis de penser que cette victoire est une leçon d’optimisme. Comme quoi, à cœur vaillant rien d’impossible…
Ce message hautement symbolique pour la cause noire, l’est tout autant pour la cause des femmes, celle pour laquelle nous abordons cette réflexion.
Comme l'a dit Michelle Obama dans son allocution époustouflante à la Convention démocrate :
« Nous avons l'obligation de nous battre pour le monde tel qu'il devrait être »

Effectivement ces propos conviennent parfaitement au combat des femmes. Par exemple concernant la Journée internationale de la femme, nos ascendantes livrèrent âprement d’innombrables batailles pour acquérir une meilleure visibilité ; elles luttèrent vaillamment pour inscrire leurs revendications dans le calendrier. Ce pari est réussi, du moins pour ce qui est de l’acquisition d’une tribune. Eh oui, nous avons une tribune officielle pour exprimer nos doléances !

Pour conclure, n'oublions pas que « tous les hommes naissent libres et égaux… ». Il faut continuer la lutte pour faire admettre ce principe.
Source :


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