6:45:47 PM Dimanche, 18 Août 2019 | 
Actualité  |  Immobilier  |  Annonces classées  |  Forums  |  Annuaire  |  Videos  |  Photos 
La Tunisie sécurisera les tombeaux soufis


  [1/31/2013 1:58:12 PM]  | Kiosque | Magharebia | Lu :2625 fois | Commenter
 

Tunisie  - Les salafistes continuent de profaner les tombeaux de saints révérés en Tunisie.




Par Monia Ghanmi pour Magharebia à Tunis – 30/01/13

Des salafistes tunisiens ont incendié le mausolée de Sidi Ben Naji à Gafsa et celui de Sidi Baghdadi à Monastir le dimanche 27 janvier.

Ces attaques ont été commises un jour après que le ministre de la Culture Mehdi Mabrouk eut déclaré qu'un plan de sécurité serait élaboré en urgence pour mettre un terme à ces atteintes au caractère sacré de ces tombeaux soufis.

La protection de ces sites "est devenue une affaire urgente après avoir constaté une volonté systématique de la part de certains groupes extrémistes religieux de détruire totalement ces symboles de l'histoire ; cela témoigne d'une intention manifeste de s'en prendre à notre mémoire nationale", a ajouté le ministre.

"Nous devons adopter une attitude résolue pour lutter contre ce fléau", a poursuivi Mabrouk. "Nous demandons qu'une unité de sécurité soit chargée de la protection des fraternités, des tombeaux et des mausolées soufis, qui font partie intégrante de notre patrimoine national", a-t-il ajouté.

Le président de l'union soufie Mohamed El Heni a salué cette décision du gouvernement, tout en critiquant dans le même temps l'absence d'enquête sur les crimes commis contre de nombreux sites soufis sacrés, qui représentent encore l'une des dimensions religieuses et culturelles du pays.

Il a ajouté que plus de trente-quatre tombeaux avaient été attaqués en l'espace de huit mois, et que cela témoignait d'un plan délibéré de la part des mouvements extrémistes religieux. Il a ajouté que les radicaux souhaitent semer la discorde et porter atteinte au caractère sacré des mosquées, des fraternités et des tombes de sheiks célèbres, au nom de l'Islam.

"Il est bien que le gouvernement accorde une attention aux symboles culturels et historiques du pays et décide d'arrêter ceux qui veulent imposer leurs croyances extrémistes par la force et la violence", a commenté Zoubaida Salhi, âgée d'environ soixante ans.

"Mais nous regrettons le retard pris par le gouvernement, et tout ce que nous voulons aujourd'hui, c'est tenir pour responsables les auteurs de ces faits et sécuriser notre patrimoine religieux. Le gouvernement ne devrait pas sympathiser avec les auteurs pour des raisons électoralistes", a-t-elle ajouté.

Pour sa part, Mohamed Boudhni, 66 ans, a déclaré : "L'Etat, qui est le gardien de la sécurité, de l'histoire et de la religion dans le pays, doit assumer pleinement ses responsabilités, parce que les attaques contre des tombes et des mausolées constituent une ligne à ne pas franchir, et sont un crime contre notre patrimoine islamique. Il doit donc appliquer la loi envers ceux qui se rendent coupables de telles attaques, et ne pas se contenter de condamnations verbales."

Vendredi dernier, le gouvernement tunisien avait condamné la vague de violences salafistes.

Les sites soufis font "partie de la mémoire nationale dans ses profondeurs culturelles et civilisationnelles, et nous ne saurions autoriser quiconque à les attaquer et à les incendier sur la base de justifications religieuses et doctrinales très controversées, car ils n'ont jamais présenté un quelconque problème pour les Tunisiens, connus pour la modération de leur pensée, de leur foi et de leurs agissements", a déclaré un communiqué du gouvernement.
Au cours des derniers mois, des dizaines de tombes soufies historiques ont été profanées, notamment le mausolée de Sidi Bou Said al-Beji, un important site touristique.

L'Union des chapitres soufis de Tunisie a imputé ces attaques aux salafistes, dont ils disent qu'ils appliquent leur propre interprétation de la sharia, qui considère les mausolées et les tombeaux comme idolâtres.

Mazen Cherif, le vice-président de cette union, estime que la stratégie de ces extrémistes consiste à vouloir changer le pays pour l'adapter à leur vision radicale.

"C'est seulement le début ; après cela, ils s'en prendront aux sites archéologiques de Carthage et d'El Jem", a-t-il affirmé. "Ils obligeront les hommes à porter la barbe et les femmes à porter le niqab."
Source : | Magharebia


Publicité>


Imprimer | Commenter  



Dans la même rubrique

Autres titres de cette Rubrique
Restez connectés sur iciLome



HOME Actualité Immobilier Annonces Forums Vidéos


Nos services : Reportages Publicité Soumettre un article

Sites web partenaires : Azizo.net LomeChrono.com AfricaHotNews


@iciLome 2019 Contactez-nous Termes et conditions Partenaires média