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L’étau se resserre-t-il autour du seigneur des ports africains ?: La Justice française aux trousses de Bolloré et Pefaco pour leurs activités en Guinée et au Togo

Togo - Politique
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A la découverte du jeu d’influence de l’empire Bolloré autour de Faure Gnassingbé, Alpha Condé, Paul Biya…


Les activités si florissantes de Vincent Bolloré et son « empire » attirent de plus en plus la justice française. Bolloré et les siens ont-ils fait usage de corruption dans l’acquisition des concessions acquises au Port de Lomé et de Conakry ? C’est ce que des enquêteurs français cherchent à déterminer en allant, vendredi 08 avril dernier, faire une perquisition au siège du groupe français en France. Les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCLIFF) veulent vérifier si celui qui règne sur de nombreux ports en Afrique dont celui de Lomé a acquis les concessions par le biais d’une de ses filiales, Havas, dirigée au Togo par Patrick Senam Bolouvi, demi-frère de Faure Gnassingbé.

Depuis 2010, Bolloré est redevenu maître du Port de Lomé. Et pour 35 ans. Le groupe du Français venait de se réinstaller sur les quais de Lomé, après quelques années de batailles judiciaires qui l’opposaient à Jacques Dupuydauby de Progossa SE2M/SE3M. Cette rivalité entre les deux concurrents a duré des années, mais le Franco-espagnol DupuyDauby avait réussi à tirer son marron jusque-là et menait ses activités tranquillement à Lomé. Puis subitement, en fin mai 2009, les choses se sont retournées, en quelques jours. Il a dû quitter précipitamment le pays et visé par un mandat d’arrêt. Il a même été accusé par les autorités togolaises d’avoir, se reprochant des choses, jeté des documents comptables en mer avant de de prendre la poudre d’escampette. Il a, lui, répondu avoir quitté le Togo normalement, et par l’aéroport de Lomé. Quoi qu’il en soit, il ne reviendra plus jusqu’à ce jour. Et c’est son rival Bolloré qui reprendra le dessus, avec ses cadres qui, jusque-là, étaient, eux, en prison et seront libérés. Les activités de manutention au port lui seront restituées. La construction et l’exploitation du 3e quai pendant 35 ans lui seront aussi concédées, après. Il annonce vouloir investir 300 milliards sur les 35 ans. Seulement les contours de cette concession échappent à toute transparence.

On se rappelle que, en décembre 2007, deux ans après l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir sur le corps d’au moins 500 personnes, en marge d’un sommet Euro-Afrique à Lisbonne au Portugal, Nicolas Sarkozy, un « ami » de Vincent Bolloré, se serait impliqué personnellement dans le dossier. « Bolloré est sur les rangs. Quand on est ami de la France, il faut penser aux entreprises françaises », avait dit le président français de l’époque à Faure Gnassingbé. Ce dernier, à la quête d’un rapprochement avec la France, ne s’est pas trop fait prier.

On apprendra également qu’une délégation togolaise, dans le cadre des marchandages, se serait rendue à Paris où elle a mis sur la table les conditions de la partie togolaise. Au nombre des conditions, on cite la cessation des poursuites judiciaires contre une certain Charles Debbasch, mercenaire français visé par des plaintes dans l’Hexagone, mais qui s’était carrément installé au Togo depuis 2005 où il apporte son appui au régime de Faure Gnassingbé en matière de contorsions juridiques. Le deal n’a pas mis assez de temps pour être conclu. Conséquence Bolloré est revenu à Lomé, Progossa mis dehors, sans ménagement.

« Bolloré est de retour », s’exclame republicoftogo.com, le 30 mai 2009. Au Port de Lomé, le groupe français retrouve ses activités de manutention. Mais pas seulement. Sa filiale spécialisée dans la communication, Havas, se voit par ailleurs confier la gestion d’une partie de la campagne électorale de Faure Gnassingbé lors de la présidentielle de 2010. C’est justement cet épisode du feuilleton qui intéresse la justice française. Puisque la même année, la même agence Bolloré s’occupe de la campagne d’Alpha Condé, en Guinée. La montée au pouvoir de cet opposant longtemps exilé en France fera l’affaire du groupe français. Un an après, les autorités guinéennes retirent la concession de la manutention du Port de Conakry à Getma (filiale du Groupe Necotrans) qui avait remporté un appel d’offre lancé dans ce sens et qui était en plein déploiement de ses activités. Là aussi, c’est Bolloré qui s’installe après le coup de force. Havas, dirigée au Togo par le demi-frère de Faure Gnassingbé, a-t-elle joué un rôle dans l’attribution des concessions des deux ports de Lomé et de Conakry, les investigations de la justice française permettront de le savoir un jour.

Le groupe Pefaco, cité, se dit surpris

Officiellement le groupe Pefaco et le groupe Bolloré sont deux entités distinctes qui ne se connaissent pas. Mais alors pas du tout (sic). Selon nos confrères français de Le Monde, l’un des avocats du groupe Bolloré, Me Olivier Baratelli, a confirmé les informations en leur possession au sujet de la perquisition.« Lors de cette perquisition, il nous a été demandé des documents sur des concessions portuaires en Afrique et nous les avons remis,a-t-il précisé. Tout en assurant que le groupe n’est nullement partie ou impliqué dans cette information judiciaire », a repris Le Monde, citant Me Baratelli. Dans un communiqué Bolloré indique « qu’il n’a entretenu et qu’il n’entretient aucune relation avec la société Pefaco et ses dirigeants ». Peut-être. Seulement, un nom est cité dans l’entourage des deux entités : Jean-Philippe Dorent.

Un des cadres dirigeants de Havas, il est chargé du pôle international. Très actif en Afrique, c’est lui qui a piloté en 2010, pour le compte d’Havas, la campagne présidentielle d’Alpha Condé. Lui-même se défend d’avoir battu campagne pour celui qui deviendra le président de la Guinée. Il se contentera de répondre aux critiques dans la presse d’avoir été juste « consultant » qui « a plutôt bien conseillé Alpha Condé qu’il considère comme un ami et une figure de la lutte africaine contre la dictature et contre l’apartheid ». Par ailleurs, le même Dorent, renseigne Le Monde, s’est occupé personnellement de la communication de Paul Biya pendant la COP21 à Paris en décembre 2015 et l’agence Havas s’est mise au service de Sébastien Ajavon, à la dernière présidentielle au Bénin.

C’est par M. Dorent qu’on cite dans les entourages de Francis Perez, patron du Groupe Pefaco, que, semble-t-il, la justice a atterri chez Bolloré. « C’est en effet de façon incidente que les magistrats ont été amenés à s’intéresser aux affaires africaines du groupe Bolloré, présent dans 46 pays du continent où il s’est imposé dans la logistique portuaire. Plus précisément en se penchant sur l’entregent de Francis Perez, président du groupe Pefaco.Cette société française, basée à Barcelone, entretient des liens étroits avec plusieurs figures corses de l’univers des casinos, ainsi qu’avec certains chefs d’Etat africains tels les présidents togolais Faure Gnassingbé et congolais Denis Sassou-Nguesso. Francis Perez compte par ailleurs parmi ses relations un certain Jean-Philippe Dorent, dont le nom apparaissait déjà dans le signalement Tracfin – le service antiblanchiment du ministère des finances – qui avait provoqué l’ouverture de l’enquête préliminaire en juillet 2012 », lit-on dans un article de Le Monde dans lequel on cite également un aveu de M. Dorent : « Je connais M. Perez tout comme je connais plein de monde en Afrique et ailleurs ».

A Lomé, le groupe Pefaco est bien connu au Palais de la Présidence et mène ses activités ludiques et hôtelières au Togo. Il a annoncé la construction d’un complexe hôtelier sur la côte togolaise, en face du siège de la banque panafricaine Ecobank. Depuis plusieurs années, le chantier dont la pose de la première pierre a été faite par Faure Gnassingbé est toujours resté à une étape primaire, sans vraiment évoluer.

Bolloré en maître et seigneur sur l’Afrique

En Afrique, Bolloré est plus qu’un chef d’Etat. L’homme a réussi à étendre son influence sur plusieurs présidents, surtout francophones. Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Togo, Bénin, Cameroun, etc. Vincent Bolloré règne partout. Tous les ports de ces pays, à priori en concurrence, lui « appartiennent », en exclusivité ou en partage avec d’autres acteurs. Mais Bolloré n’est pas seulement dans la manutention portuaire. Il est aussi dans les chemins de fer, l’agriculture, l’énergie solaire, la construction de centres des jeunes. Même dans ses autres activités, le géant français n’a pas du tout une bonne réputation. Au Liberia et au Cameroun par exemple, ses filiales sont accusées de faire de l’accaparement de terres et de soumettre les paysans de ces pays au harcèlement judiciaire. Sa nouvelle folie est le projet de construction de chemin de fer pouvant relier Abidjan à Cotonou, en passant par Niamey et Ouagadougou (et aussi Lomé). Même dans le cadre de ce projet, il est visé par plusieurs plaintes d’hommes d’affaires qui l’accusent de les avoir roulés dans cette affaire à lui confiée sans aucun avis d’appel à manifestations d’intérêt.

Tout comme dans ses activités portuaires, ici également l’on est en droit de se demander comment l’homme a pu (convaincre 5 chefs d’Etats africains et) se faire confier un si grand projet de construction de voies ferroviaires sur plus de 1300 kilomètres, sans qu’il ne soit ouvert à la concurrence. D’où les inquiétudes ! Car on a bien l’impression que les chefs d’Etats de certains pays ne sont plus capables de refuser quoi que ce soit à l’homme d’affaires français. Il semble disposer de pouvoir sans limites sur eux, mais aussi sur les opposants de ces pays qui passent de temps en temps émarger dans les bureaux de ces sociétés. En conséquence, c’est toute la classe politique (et même souvent le système judiciaire) des pays où il exerce ses activités qu’il tient dans sa poche. Et même en situation de scandale dans lequel il serait impliqué, les Assemblées nationales de certains pays dans lesquelles sont représentées diverses sensibilités sont incapables de lancer des interpellations à son sujet.

Après un demi-siècle de d’indépendance, il exixte encore de rares personnalités capables d’avoir autant d’influence sur autant de pays en Afrique. Et cela devrait inquiéter. Sérieusement !

Mensah K. (L'ALTERNATIVE)


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