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Les controverses économiques et sociales font les choux gras des journaux camerounais

Cameroun - Societe
Apanews | | Commenter


Les journaux camerounais parus mercredi s’inscrivent quasi-unanimement dans le registre des convulsions économiques et sociales qui secouent actuellement le pays.

Considérée jusqu’ici comme exemplaire, la coopération sino-camerounaise semble avoir du plomb dans l’aile, si l’on en croit le quotidien à capitaux privés Mutations qui se penche sur la dette de Yaoundé vis-à-vis de Beijing, estimée à environ 3000 milliards FCFA et dont le débiteur souhaite un rééchelonnement.

Le problème, selon la publication c’est que, bien que d’accord pour apporter son soutien au gouvernement camerounais, qui a choisi l’option de rembourser «30% du principal dû à la période 2019-2021», EximBank China le exige le paiement, avant le 15 avril, de la totalité des échéances dues au 2 avril 2019, soit environ 52 milliards FCFA.

Des affaires de milliards, il y en a à foison en couverture de The Guardian Post à propos du train de vie de l’État dont la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) demandent la réduction immédiate.

«Plus de 50% du budget de l’État continue d’être consacré aux dépenses de fonctionnement, 130 milliards FCFA de subventions aux entreprises publiques, 42 milliards FCFA pour les primes et gratifications, etc. Malgré l’enlisement de la double crise financière et sécuritaire depuis plus de quatre ans, le gouvernement a maintenu des dépenses qui tranchent net avec l’exigence de rationalisation et d’amélioration de la qualité édictée par le président de la République, la BM et le FMI», s’insurge EcoMatin.

Un autre partenaire au développement avec lequel le Cameroun est en délicatesse et que signale le bihebdomadaire Repères, c’est la France avec son contrat de désendettement et de développement (C2D) : les 73 milliards FCFA devant permettre de réduire les inondations dans la capitale économique, Douala, pourraient être reversés dans le Trésor public français du fait des retards observés dans la réalisation des travaux de drainage, censés prendre fin en juin 2020 mais dont l’exécution est jugée peu satisfaisante.

Sa principale manchette, Mutations la consacre à ce qu’il qualifie de «foirage de Mekin», du nom de ce projet de barrage hydroélectrique jadis présenté comme une des solutions à la crise énergétique du pays mais qui, après la «réception technique» de juillet 2017 et au terme de plus de 5 ans de travaux et après avoir englouti des milliards de francs, ne produit à ce jour aucun kilowatt dans le réseau interconnecté Sud (RIS).

Un autre «flop retentissant», que signale Essingan, c’est le ratage des projets structurants dans le Grand-Sud du pays où est, justement, situé le fameux barrage qui cale : contrairement aux autres parties du pays, ce vivier électoral du pouvoir peut paradoxalement, selon le tri-hebdomadaire, être présenté comme le mal aimé du régime.

On pourrait ainsi parler de la loi des séries si, à ce tableau déjà sombre, on ajoutait la situation de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co), qui à en croire l’hebdomadaire La Nation, ne semble pas près de sortir de la zone de turbulences avec des employés qui «crient famine» : réclamant le paiement des salaires de février et mars 2019, le personnel s’émeut de la «mauvaise spirale» dans laquelle il est désormais embarqué, une situation qui l’a plongé «dans un état de précarité multiforme et croissante».

Et de conclure : «Avec ses nouveaux soucis à caractère social, mais aussi les multiples incertitudes qui pointent à l’horizon, Camair-Co semble plus proche du crash que du décollage définitif.»

Pendant ce temps, signale InfoMatin, l’année blanche semble actée dans les écoles des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en raison des villes mortes, relancées avec la rentrée du 3ème trimestre par les sécessionnistes anglophones.

On devrait se détromper en pensant que les choses vont mieux dans la partie francophone du pays, renchérit Le Jour à propos des frais de fonctionnement des établissements secondaires publics, versés par les parents depuis un semestre à travers les réseaux de monnaie électronique, mais qui n’atteignent pas leurs dirigeants, toute chose qui rend difficile la gestion quotidienne des lycées.


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