11:53:52 AM Mercredi, 22 Mai 2019 | 
Actualité  |  Immobilier  |  Annonces classées  |  Forums  |  Annuaire  |  Videos  |  Photos 

Prof Nicoué Gayibor redescend dans l'intimité du peuple Ewé

Togo - Culture
iciLome | | 11 Commentaires
prof-nicoue-gayibor-redescend-dans-l-intimite-du-peuple-ewe


Il y a visiblement beaucoup de contrevérités et des non-dits sur l'origine et la vie des Ewé du Togo. Le Prof Nicoué Gayibor, ancien président de l'Université de Lomé, président de l'Association des historiens et archéologues du Togo (AHAT) a voulu corriger ces erreurs à travers un recadrage de l'histoire. Voici son analyse !

RECADRAGE DES HISTORIENS TOGOLAIS SUR LES ORIGINES DES EWE

La reconstitution du passé des peuples est un signe de leur identité culturelle et de leur dynamisme. On ne saurait en effet bien connaître un peuple que si cette connaissance a une profondeur historique.

Certaines traditions font ainsi remonter l’origine des Ewé au site biblique de Babel, voire à Babylone en Mésopotamie, d’où ils auraient migré vers l’Égypte, et de là, vers Khartoum, puis Oyo, Kétu, Tado et enfin Notse. Il convient de souligner ici que ces traditions sont le résultat d’une acculturation précoce née des contacts permanents entre les Ewé de l’ouest (au Ghana actuel) et les pasteurs allemands de la Mission de Brême dès la seconde moitié du XIXe siècle. Il a ainsi paru plus valorisant à ces premiers chrétiens – et, à leur suite, à bien des nationalistes ewe des années 1950- de tirer les origines des Ewe des sites bibliques, à l'instar du peuple élu de la Bible, les Israélites. Cette tendance, qui n'a aucun fondement historique ni scientifique, est actuellement reprise par un certain nombre de chefs, particulièrement ceux qui sont affiliés à l'EWETO.

L'histoire de l'aire culturelle ajatado (vaste espace géoculturel s’étendant sur les cours inférieurs de la Volta, au Ghana, au Yéwa au Nigéria), dont font partie intégrante les Ewe, nous est connue grâce aux études pluridisciplinaires principalement dans le domaine des sciences humaines : archéologie, histoire, anthropologie, linguistique. De ces différentes études, rappelons les évidences suivantes.

Des recherches des antiquisants et des archéologues de l’Afrique de l’ouest, il ressort, à propos de l’origine des populations du golfe du Bénin, que la naissance de l’agriculture dans la région de la confluence du Niger et de la Bénoué (région de Nok sur le plateau Bauchi) autour du second millénaire avant J-C, a été un facteur déterminant ayant provoqué une explosion démographique qui a alors poussé les populations, à partir de cette région, à se disperser dans toutes les directions. Ce mouvement, qui s’accompagna de grands défrichements liés aux besoins agricoles (avec la culture de l'igname, nourriture de base dans la région), sera, entre autres facteurs, à l’origine de la disparition de la forêt primaire remplacée par la savane herbeuse ou arborée de la côte du Togo et du Bénin, connue sous le nom de « Savane du Bénin ». Les traditions yoruba confortent cette thèse en présentant Ilè-Ifè comme le point de départ de la création du monde, à partir duquel les différents groupes yoruba s'égaillèrent dans toutes les directions, y compris la région côtière où vivent de nos jours les populations ajatado.

Les populations pré-yoruba qui vivaient dans cette région assimilèrent ces nouveaux-venus dont ils adoptèrent le système politique et religieux. C'est ainsi qu'un groupe de yoruba conduit par l'ancêtre Togbui-Agni atteignit le village d'Azanmè, sur les bords du Mono. Les habitants du village – les autochtones Alu et les immigrés Aza – accueillirent le groupe yoruba dont le chef prit le pouvoir. Azanmè devint Tado, berceau des Aja, siège d'un royaume qui se développa dans cette région entre le XIIè et le XIVè siècle. Des conflits politiques liés aux règles de dévolution du pouvoir et à l'exercice de l'autorité royale par le roi-prêtre, Anyigbafio, éclatèrent. Le pontifie était doté de pouvoirs magico-religieux à l'instar des rois-prêtres yoruba. Le contre-coup de cette puissance, très lourd, consigne le souverain dans un enfermement total dans un palais, l'éloignant ainsi de la population et des affaires du royaume, gérées par les ministres-conseillers, les Tashinon, les vrais maîtres du royaume, auxquels incombaient non seulement l'administration du royaume, mais également le choix des nouveaux souverains, un choix qu'ils monnayaient en intriguant à qui mieux-mieux.

Cette situation délétère fut à l'origine de bien des migrations, notamment celle des Aladahonu vers Davie-Alada, et celle des Ewe vers Notse. Mais avant ces deux groupes, d'autres les avaient précédés vers la côte en empruntant la voie fluviale du Mono (Les Xwla et les Xwéda), vers l'est (les Wéménu et Ayizo), vers l'Ouest (les Néglékpé de la région d’Afanyan). D'Alada, deux groupes émigrèrent au XVIè siècle, l'un vers le plateau d'Agbomé en pays ayizo où naquit le royaume fon autour d'Agbomé, et l'autre vers l'estuaire du Wémé où le royaume gun de Hogbonu vit le jour.

Le groupe ewe prit naissance à Notse. En effet, sont Ewe tous les groupes de population qui retracent leurs origines à partir de Notse, et dont les ancêtres ont quitté cette cité durant (ou après) le règne d'Agokoli à la fin du XVIè siècle. L'histoire des Ewe commence par conséquent à Notse. Parler d'Oyo ou de Kétu comme lieux d'origine des Ewe est incorrect. En effet, il faut le répéter avec force, à Oyo et Kétu, n'ont vécu que des Yoruba -ou des groupes présumés tels-, dont les ancêtres furent à l'origine de la fondation de Tado. L'histoire des origines des Yoruba devint celle des populations issues de la vie en symbiose de tous les groupes ayant vécu et migré de Tado, c'est-à- dire les Ajatado, dont font partie les Ewe. Il en est de même des traditions qui citent les différents sites bibliques comme lieux d'origine des Ewe. Elles n'ont aucun fondement historique et encore moins scientifique. Dans l'avenir, les savants découvriront peut-être des preuves génétiques rattachant les Ewe aux populations des sites bibliques citées. Mais, dans l'état actuel des recherches, aucune preuve ne vient corroborer de telles assertions. Les thèses de Cheikh Anta Diop, cheval de bataille de bien des Africains, méritent d'être approfondies avant de s'imposer à tous.

Professeur Nicoué GAYIBOR,
Président de l’Association des Historiens et des Archéologues du Togo (AHAT)


Prof Nicoué Gayibor redescend dans l'intimité du peuple Ewé
Togo - Prof Nicoue Gayibor redescend dans l-intimite du peuple Ewe



Autres titres
'The Voice Tour Togo' veut sélectionner des candidats pour le grand show télévisé ‘Th...
Togo - 'The Voice Tour Togo' veut sélectionner des candidats pour le grand show télévisé ‘Th...
Fonds d’aide à la culture 2018 : Le nombre des projets retenus et le montant de leur ...
Togo - Fonds d’aide à la culture 2018 : Le nombre des projets retenus et le montant de leur ...
Interview Ass Ayigah : « La culture togolaise souffre énormément »
Togo - Interview Ass Ayigah : « La culture togolaise souffre énormément »
« Goût de France » : La gastronomie française tient toutes ses promesses à Lomé, Kpal...
Togo - « Goût de France » : La gastronomie française tient toutes ses promesses à Lomé, Kpal...
Plus de nouvelles






Commentaire
Pseudo
Répondre à:
Numéro de contrôle
Saisir le numéro de contrôle

 11   Oups | Mardi, 30 Avril 2019  - 6:49
  Il est perdu ce monsieur yibor

 10   banane | Lundi, 29 Avril 2019  - 20:25
  Si les Éwés font partie des Ajatado, pourquoi situer leur origine à Notsé spécifiquement alors que vous faites migrer les Ajatado à partir du royaume de Tado?

 9   MERDES | Lundi, 29 Avril 2019  - 19:50
  Ça ce n'est pas ma tasse de café!
Ce n'est pas ça qu'on parle.
Comment chasser les dictateurs qui nous gouvernent
Sauf si vous nous avoir trouvé l'origine des GNASSINGBÉ!!!!!

 8   Églolooo | Lundi, 29 Avril 2019  - 18:34
  Réponse à 7-FAUREMUSTGO
  Moi je pense que la myopie dont toi tu souffres, c'est l'arrogance, la haine, le tribalisme, le djihadisme, des qualités qui ne prospéreront pas ni aujourd'hui ni demain et je prends à témoin le Dieu Tout Puissant, notre créateur.

 7   FAUREMUSTGO | Lundi, 29 Avril 2019  - 17:39
  pour une fois j'ai lu des commentaires sur le fond et impartials sur ce site. Si cela pouvait etre aussi sur la dictature que certains supportent et meme preconisent qu'on mette les autres en prisons pour avoir crie non a la politique de Faure, je crois que notre dictature allait deja succombé ou trouver une solution pour le bonheur de ns tous.Car pour le moment certains souffrent de la myopie sur la gouvernance dictatoriale de RPT UNIR et sont toujours en soutien du regime malgre qu'ils boivent la souffrance comme moi .Qui dit que ce n'est pas le debut de changement de mentalite. Doucement tout le monde sera d'accord a l'alternance c'est a dire le regime Gnassingbe doit partir car cette famille n'est qu'une calamite pour le peuple Togolais depuis 13 janvier 19963

 6   EB_Toutmosis3 | Lundi, 29 Avril 2019  - 16:52
 
Bonjour,

Wow...qu'est-ce qu'il raconte ce type maaa...ma parole !!!

J'ai voulu sérieusement appliquer une claque cybernétique à ce prétentieux historien qui doit normalement avoir honte de son torchon mais le compatriote mazama et les autres intervenants ont dit l'essentiel.

Franchement quelle arrogance de p'tit historien de dimanche...vouloir remettre aujourd'hui en cause les grands travaux du savant africain CAD alors que ces mêmes travaux sont grandement et finalement VALIDÉS par les historiens blanco racistes c'est sincèrement débiter des sornettes.

CAD n'est pas seulement un historien c'est aussi un scientifique...c'est un pluridisciplinaire qui a démonté méthodiquement avec des preuves scientifiques, les arguties égyptologiques et la falsification historique éhontées des nègres.

Au colloque d'égyptologie du Caire de 1974 sous l'égide de l'UNESCO et où furent présents tous les grands noms occidentaux de l'égyptologie, le savant africain CAD et son ami linguiste Obenga ont sérieusement roué de coups les participants. Les conclusions de ce colloque stipulent clairement ceci, je cite :

"La très minutieuse préparation des communications des professeurs Cheikh Anta Diop et Obenga n'a pas eu, malgré les précisions contenues dans le document de travail préparatoire envoyé par l'UNESCO, une contrepartie toujours égale. Il s'en est suivi un véritable déséquilibre dans les discussions"

En langage terre à terre, ce fut une raclée. Le prof. Théophile Obenga est toujours en vie ici même aux States et peut encore en témoigner de ce moment historique. Le sieur Gayibor doit revoir sérieusement sa copie.

Ablode Gbadza !!!
Vie, Santé, Force et Unité !

 5   Affivi | Lundi, 29 Avril 2019  - 15:8
  Mon frère C.A. Diop n'a jamais postulé que les peuples negres proviennent de l'orient, c'est bien le contraire !
Les histoires farfelues de negres originaires de l'orient (les peuls, les ewes, ....) n'ont pas de fondement scientifique.
Nous ewes sommes africains et heureux de l'être.

 4   Kay | Lundi, 29 Avril 2019  - 14:55
  Réponse à 3-Faustin
  J'ai lu et relu le texte du sieur Gayibor et me demande à quoi veut-il en venir.
On est d'accord qu'il réfute la thèse biblique fabriquée de toutes pièces par des affabulateurs comme l'actuel chef de Notsé Agokoli.
Mais il ne nous convainc pas.
Le sieur Gayibor devrait d'abord nous expliquer d'où vient l'ethnonyme EWE!

 3   Faustin | Lundi, 29 Avril 2019  - 13:28
  Professeur Gayibor peut avoir tort ou raison sur le fonds...le débat reste ouvert... mais aller jusqu'à mettre en doute, de façon aussi simpliste, (peut-être qu'il n'a pas lu les derniers travaux scientifiques corroborant les thèses de Diop) les thèses de Diop me désole... Qu'il aille aux sources... qu'il revisite les recherches récentes et il comprendra que Diop doit être plus respecté qu'il ne le fait...
Dieu bénisse le Togo

 2   Clement GAVI | Lundi, 29 Avril 2019  - 12:39
  'La reconstitution du passé des peuples est un signe de leur identité culturelle et de leur dynamisme.'

En toute certitude ce n'est pas une absence de cette reconstitution qui explique que le peuple Togolais est soumis depuis plus de cinquante ans à un sanglante dictature constituée par les disciples du diable. Ce n'est certainement pas le passé des peuples EWE qui justifie ce présent douloureux, un présent pris en otage par ces terroristes constitués et institués. Ce qui importe c'est la résistance face à ces terroristes, à ces pires ennemis des peuples. La résistance face à ces criminels qui se posent comme condamnation de la vie sur terre. La résistance face à ces porcs qui se gavent du sang et de la souffrance des millions sur cette terre.

RECOMMANDÉS
Togoville Jazz rend hommage à Vicky Bila à l’Institut Français ce vendredi
1.  Togo - Togoville Jazz rend hommage à Vicky Bila à l’Institut Français ce vendredi

2.  Togo - Présidentielle 2020 : « Santé du Peuple » propose une candidature unique neutre

3.  Togo - Elections locales : Ce qui va changer

4.  Togo - Dr Kouessan : « Les réformes comportent de graves contradictions »

5.  Togo - Gérard Akoumey sur le point de quitter la Coordination de « Les Sentinelles de la Rép...



Restez connectés sur iciLome



HOME Actualité Immobilier Annonces Forums Vidéos


Nos services : Reportages Publicité Soumettre un article

Sites web partenaires : Azizo.net LomeChrono.com AfricaHotNews


@iciLome 2019 Contactez-nous Termes et conditions Partenaires média