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Dette africaine : La recette du Prof. Nubukpo pour sortir du « cercle vicieux »

Togo - Economie et Finances
- | | 11 Commentaires
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L’annulation de la dette africaine par le Fonds Monétaire International (FMI), en cette période de crise sanitaire liée au Covid-19, suscite de vives réactions aussi bien de la part des décideurs que des intellectuels africains. Et le débat devient houleux d’autant plus que les positions divergent d’un décideur à un autre. La passe d’armes récente entre le ministre béninois de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, et le ministre sénégalais des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, autour de la question de l’annulation de la dette africaine, a particulièrement attiré l’attention de l’économiste togolais, Prof. Kako Nubukpo. Dans une Tribune signée sur JeuneAfrique.com, l’ancien ministre togolais de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques livre son analyse de la situation sur le plan politique, économique et diplomatique. L’universitaire donne sa recette pour sortir de ce cercle vicieux qu'est la dette africaine. Lecture !

Si la pandémie du coronavirus n’avait qu’une seule vertu, ce serait la renaissance du débat africain qu’elle provoque à l’heure actuelle. En effet, rarement les décideurs et intellectuels africains se sont autant exprimés par voie de tribunes, d’articles, d’appels divers et variés.

Dans la foison de contributions plus stimulantes les unes que les autres générée par la pandémie de Covid-19, la passe d’armes récente entre le ministre béninois de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, et le ministre sénégalais des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, autour de la question de l’annulation de la dette africaine, mérite d’être soulignée à plus d’un titre.

En effet, dans une tribune publiée le 23 avril, Romuald Wadagni a exprimé son hostilité au moratoire et a fortiori à l’annulation de la dette africaine, au motif du signal négatif que cette annulation enverrait aux marchés financiers, engendrant de facto une hausse de la prime de risque et donc des taux d’intérêts exigés par les créanciers pour acquérir les dettes africaines futures.

En réponse à cette prise de position, son homologue sénégalais des Finances a publié le 28 avril une tribune intitulée : « Annuler la dette des pays africains est vertueux et bien fondé », dans laquelle il fait explicitement référence à celle de son collègue du Bénin pour la contrer point par point.

Trois raisons justifient l’importance et le caractère singulier de ce combat à fleurets mouchetés :

Sur le plan politique, une guerre de succession pour le leadership ouest-africain francophone est ouverte, depuis l’annonce du prochain départ de la présidence ivoirienne d’Alassane Ouattarra, véritable mentor de la relation entre la France et l’Afrique de l’Ouest. En se posant comme le primus inter pares de la croisade pour l’annulation de la dette africaine, le président sénégalais Macky Sall prendrait un avantage décisif sur ses pairs.

La tribune du ministre béninois des Finances, qui n’a pu être publiée sans l’aval de son chef d’État, apparaît dès lors comme la contestation de ce leadership sénégalais en construction et la réponse du ministre sénégalais des finances, comme une « commande » présidentielle.

Sur le plan diplomatique, les tribunes des deux ministres s’inscrivent dans un contexte où le président en exercice de l’Union africaine, le Sud-africain Cyril Ramaphosa, vient de désigner quatre personnalités emblématiques d’une Afrique mondialisée pour négocier, au nom de l’Afrique, les moratoires et/ou annulations des dettes africaines.

La tête de file de ce quatuor, Tidjane Thiam, ancien ministre, assureur et banquier franco-ivoirien internationalement connu et reconnu, a d’ailleurs répondu au ministre béninois des Finances sur la chaîne de télévision francophone TV5, en des termes fort peu amènes : « personne n’oblige un État à accepter un moratoire ou une annulation de sa dette ». On a connu des technocrates plus respectueux des ministres et des chefs d’États en exercice…

De fait, l’apparition de « nouveaux acteurs » venus du monde de la finance internationale, mais sans responsabilité exécutive à l’heure actuelle, sort de leur torpeur les ministres africains, généralement peu diserts en matière de partage de leurs convictions théoriques et empiriques.

Ces contestations – celle « par le haut » de la compétence des ministres africains en exercice dans leur capacité à représenter le continent dans les enceintes internationales et celle des commissaires de l’Union africaine (après tout, ils sont payés pour cela) – créent un nouvel espace de jeux et d’enjeux autour du leadership sur la représentation africaine sur le plan international et vient compléter la contestation « par le bas » portée par les organisations de la société civile africaine.

Sur le plan économique, les deux ministres des Finances semblent opter pour deux niveaux distincts de l’analyse économique : le ministre béninois est clairement dans une logique microéconomique, plus précisément dans l’économie du risque, de l’incertain et dans la théorie des jeux répétés. Son raisonnement consiste à dire qu’une suspension ou une annulation de la dette africaine provoquerait dans le jeu répété qui a cours entre débiteurs et créanciers, une perte de confiance de ces derniers engendrant une dégradation de la réputation et de la crédibilité des premiers, dont le coût cumulé sur longue période sera plus élevé que le gain immédiat.

Ce résultat bien connu de la théorie dite des « incitations », produit de la nouvelle économie institutionnelle, plaide en faveur du marché qui serait le meilleur allocataire des ressources en dépit de son caractère d’optimum de « second rang ». Au contraire, le ministre sénégalais opte pour une approche d’emblée macroéconomique, plus étatiste, ciblée sur la nécessité d’obtenir des marges de manœuvres budgétaires additionnelles pour faire face à la pandémie du Covid-19. De ce point de vue, il élargit l’espace d’appréhension de la crédibilité du débiteur en mobilisant l’Etat sénégalais qui aurait « un profil d’émetteur souverain de référence ».

Dans la mesure où en théorie, l’État est le meilleur débiteur par excellence car doté d’une durée de vie infinie, le tour est joué. En s’inscrivant au fond dans la nouvelle macroéconomie keynésienne, il pourrait revendiquer l’incomplétude et l’imperfection des marchés financiers pour justifier sur le plan pratique un moratoire ou même une annulation de la dette africaine.

Pour finir, il convient de souligner l’absence dans les deux contributions ministérielles des causes structurelles des dettes africaines, notamment l’étroitesse de la base productive et l’absence d’une souveraineté monétaire pouvant permettre la monétisation de la dette à l’instar de la pratique actuelle de tous les pays riches et émergents de la planète.

En effet, pour sortir du cercle vicieux de la dette africaine, il faudrait augmenter et orienter le crédit public et privé (bancaire et non bancaire) vers l’investissement productif et la création de capacités additionnelles de production. De fait, la demande africaine pourrait être assurée pour l’essentiel par l’offre africaine de biens et services, avec à la clé une réduction des importations et donc du solde courant de la balance des paiements.

Le processus de production africaine permettrait, pour sa part, de créer de nouveaux emplois, d’engendrer des revenus additionnels et de payer des impôts supplémentaires indispensables à une résorption pérenne des déficits budgétaires récurrents et donc la réduction drastique des stocks de dette extérieure.

La reconquête par l’Afrique de ses instruments de souveraineté politique, diplomatique et économique est la condition permettant de ne plus apporter des réponses conjoncturelles à une question structurelle et de sortir par le haut du débat salutaire entre le Bénin et le Sénégal sur les dettes africaines.

Source: JeuneAfrique.com


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 11   Chinalawson | Mardi, 5 Mai 2020  - 14:53
  Un peuple sans souveraineté monetaire ne peut bâtir une vraie econnomie !
En 1960 ,S.Olympio voulait creer une monnaie togolaise.

Pourquoi ce projet n'est plus possible aujourdhui?
Que kako nous l'explique .

Comment la Gambie se debrouille -t-elle ?

 10   123 | Mardi, 5 Mai 2020  - 14:22
  blablabla blabla

 9   Abladjo | Mardi, 5 Mai 2020  - 13:30
  Réponse à 7-Clement GAVI
  L'Afrique n a pas de dette. Ce sont les gouvernants qui ont la dette qu'ils attribuent a l'Afrique. D'ou l'immoralité dont tu parles clément.

Mon Abladjo va épargner une démonstration économique qui n a pas de sens en Afrique et plus particulierement dans la zone UMOA ou les pays n'ont pas de souveraineté monnétaire. On va rester terre a terre.

On va aux USA, on va en Europe, la dette est visible. (Ponts, autoroutes, chemin de fer, industries, Hopitaux, Ecoles, Unversités, centrales nucleaires, ) En Afrique, ou voit on cette dette.

Un pays est solvable quand l'évaluation de ses actifs dépassent ses passifs. Dans ce cas, les pays européens ni les USA ne sont pas solvables mais ce sont eux qui veulent nous faire cadeau.

L'Afrique a des ressources solvables et qui dépassent de loin les passifs qui ne sont rien d'autres que des fonds distribués ca et la sans investissements productifs.

Le cercle dette annulation et dette est un cercle vicieux qui enrichie les potentats a la tete des pays africains et appauvrit les peuples.

L'Afrique n a pas besoin de l'annulation de dette mais a besoin de souveraineté monnétaire, de mieux gérer ses ressources et en fixer elle meme le prix. Et surtout que les investissements étrangers paient leurs impots sur place avant de rappatrier les capitaux vers leur pays d'origine. Ceci nécessitera une réduction drastique de la corruption.


 8   jjk | Mardi, 5 Mai 2020  - 13:25
  j ai écouter ce monsieur sur R F I dans l émission d Alain FOCART
IL DISAIT
l Etat Togolais a fait des efforts dans la balance économique
et
Adjaré lui a répondu ce ci les Togolais ne sentent pas ca dans le panier de la managere
pour Mr Kakou Nouboukpo efforts veut l incendies des marchés du Togo
bande de vaut rien
au Togo nous avons que des intellectuels taré a la tète Edem kodjo

 7   Clement GAVI | Mardi, 5 Mai 2020  - 12:20
  Dette africaine : La recette du Prof. Nubukpo pour sortir du « cercle vicieux »

L'idee meme de 'dette africaine' est ridicule. Car, si la dette n'est pas en soi, une mauvaise option, elle n'a de sens que si elle finance, c'est a dire, prepare l'avenir. Or, on parle de dette depuis des siecles dans une Afrique riche en ressources naturelles, qui sont liquides, c'est a dire, qui peuvent etre transformer en argent, en sources de financement, mais ou des millions et des millions vegetent dans une pauvrete sans appel, la question de la dette est ridicule parcel qu'elle n'a determinee le developpement in des infrastructures, ni celui de l'homme.
La question de la dette africaine est absolument immorale.

 6   jjk | Mardi, 5 Mai 2020  - 12:12
  Mr Kakou
nous sommes fatiguer des paroles
nous voulons des actes

 5   Le B.A. BA | Mardi, 5 Mai 2020  - 11:56
  Des dettes annulées maintes fois avec des dictateurs au pouvoir en Afrique n'ont jamais donné de bons résultats. Faut il avoir de gros diplômes pour comprendre ça?

 4   Gallouzo DVP | Mardi, 5 Mai 2020  - 11:38
  Un idiot qui se croit plus intelligent que tout le monde
Des gros mots toujours des gros mots

Pauvre Togo ----Pauvre Afrique

 3   doêvi | Mardi, 5 Mai 2020  - 11:36
  arrêtez d'insulter des personnalités depuis vos trous à rats.

 2   Foutez la paix | Mardi, 5 Mai 2020  - 11:22
  que voulez vous faire si vous avez pas une bonne gouvernance et gestion du trésor public. Ca sert à quoi d'annuler une dette si des corrmpus de tout poils doivent refaire partir l'argent dans les paradis fiscaux et les appartements à Dubai?


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