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Afrique - Le ballet des élections présidentielles en Afrique francophone suit son cours avec la même tactique bien rodée : un coup K.O.

Afrique - Politique
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Quel bilan ont-ils pu réaliser pour le peuple pour pouvoir se faire reconduire dès le premier tour alors que les populations veulent une amélioration de leur condition de vie et surtout un meilleur avenir pour leurs enfants? La question mérite d´être posée et on peut s´interroger sur le bien-fondé de ce système semi-présidentiel ainsi que le mode de scrutin majoritaire à deux tours en Afrique francophone. Le but démocratique de ce mode de scrutin ainsi que le régime semi-présidentiel avec limitation de mandat ne seront jamais atteints en Afrique, surtout francophone. Les présidents sortants feront tout pour être réélus dès le premier tour avec ce qu´ils appellent un coup K.O. En plus ils vont faire réviser leur Constitution pour remettre le compteur à zéro partout. Ce n´est donc ni la limitation du mandat présidentiel ni le mode du scrutin majoritaire à deux tours qui pourront les empêcher de frauder en Afrique. Il faut penser à un autre système politique qui est le régime parlementaire. J´en ai déjà parlé en septembre 2019. En Afrique il n´y a pas des juristes visionnaires au service de leur pays. Il n´y a que des juristes opportunistes au service des régimes en place surtout au Togo. À quoi servent leurs études de Droit ?

Ces présidents en place ont tous les moyens de fraude en main pour se faire élire par un coup K.O. Ce serait pareil aussi en Côte-d´Ivoire d´Alassane Ouatarra dans une semaine. Alors, la question qui se pose est de savoir si le régime semi-présidentiel tel qu´il est pratiqué chez nous et dans bon nombre de pays d´Afrique francophone pour instaurer la démocratie en Afrique ne mérite pas d´être changé? Personnellement c´est mon point de vue. J´en ai fait part au président de la république en 2015 avant les élections présidentielles par un courrier envoyé depuis l´Allemagne mais ils l´ont mis dans la poubelle. En septembre 2019, je l´ai mentionné dans mon projet politique aux élections présidentielles auxquelles j´ai renoncé de participer pour des raisons de transparence que tout homme avisé est censé savoir.

Ce qui est encore marquant est le rôle que joue l´élite africaine en Afrique. C´est incroyable. Cette élite de la cupidité ne cherche pas la dignité mais l´argent. Quand vous regardez de près, les intellectuels au Togo dans tous les corps de profession sans distinction, la plupart soutiennent ce régime d´une manière ou d´une autre. À l´avènement de la démocratie en 1990, les intellectuels ont bien joué leur rôle, surtout les avocats. Cette époque est passée. Aujourd´hui quel intellectuel ou chef d´entreprise soutient ouvertement le changement démocratique au Togo? Je ne vois personne à part ceux qui ont créé leur parti politique.

Le peuple togolais lui-même doit prendre conscience et savoir que ce ne sont pas les pays étrangers qui viendront lutter à sa place. Moi, je ne donne aucune crédibilité à ces soi-disant organisations internationales ou régionales, moins encore à ces dirigeants européens auxquels les leaders politiques font appel sur RFI pendant les moments électoraux. Leurs envoyés en mission au Togo ne viennent pas pour défendre les intérêts du peuple togolais et la démocratie mais pour défendre les intérêts de leur pays, surtout la France, leur pionnière.
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Pour le cas de la Guinée, on attend pour voir si les pays européens vont défendre l´opposition face à Alpha Condé comme ils l´ont fait en Biélorussie. Le président Emmanuel Macron a été l´un des premiers en Europe à appeler l´Union européenne à soutenir l´opposante Biélorusse, face au président sortant dès les manifestations après la proclamation donnant le président sortant vainqueur. On verra si Macron et l´Union européenne feront autant pour la Guinée en ou s´ils vont se taire. Les Africains doivent prendre leur destin en main.

Les opposants politiques africains qui n´hésitent pas à faire appel à la France pendant les élections doivent cesser cette erreur de stratégie car ce n´est pas la France qui va les délivrer de cette situation, au contraire elle souhaite voir au pouvoir en Afrique les bénis oui oui.

Le peuple guinéen doit se battre jusqu´au bout sans compter ni sur la France, ni sur les organisations internationales, moins encore sur la CEDEAO, sinon il va perdre son combat qu´il a engagé. Il doit éviter l´erreur que les leaders togolais ont commise en refusant de soutenir Agbéyomé dès le 23 février 2020. Qu´il n´attende même pas la confirmation ou l´infirmation des résultats par la cour constitutionnelle avant de descendre dans les rues. Leur cour constitutionnelle ne va jamais remettre en cause les résultats donnés par la CENI. Il faut être naïf pour espérer un tel scénario en Guinée. Cela ne s´est pas passé au Togo. Il ne se passera ni en Guinée, ni en Côte d´ivoire. La machine à fraude est déjà en marche. La seule arme dont il dispose est d´appeler la population à descendre dans les rues avec le soutien des autres partis politiques pour faire plier Alpha Condé. Ils n´ont pas à attendre la décision de la cour constitutionnelle. C´est de l´illusion. Le seul moyen de pression dont il dispose est la rue.

La limitation de mandat n´est qu´un leurre en Afrique, surtout dans les pays colonisés par la France. Ceux qui aiment faire de bonnes analyses, constateront que ce n´est ni le régime semi- présidentiel comme il est actuellement pratiqué dans presque tous les pays africains, ni le scrutin majoritaire à deux tours qui feront de l´Afrique un continent démocratique. Il y aura toujours un coup K.O. à chaque élection présidentielle car la CENI, la Cour constitutionnelle et l´armée sont au service du président sortant dans chacun de ces pays francophones.

Comment voulez-vous que les pays occidentaux nous respectent en Afrique si nous ne pouvons pas nous respecter nous-mêmes? À cause de l´argent on peut trahir le destin de notre pays ou notre propre frère pendant les élections, même avec un montant dérisoire de 10.000 F CFA. On ne voit qu´aujourd´hui sans se préoccuper du lendemain. Ça fait très mal quand on est en Europe et on voit ce qui se passe dans nos pays africains. J´ai honte de ces soi-disant intellectuels qui voient la réalité mais soutiennent la dictature, juste pour les postes de nomination convoités ou pour l´argent alors qu´ils hypothèquent dangereusement l´avenir de leur pays. Quelle honte pour ceux qui hypothèquent l´avenir de ce pays et celui de la jeunesse !

À mon sens, le système politique qui peut sauver le Togo est le régime parlementaire et cela vaut aussi pour les autres pays d´expression française en Afrique. Le cas du Togo est encore atypique, vu que c´est toujours les mêmes personnes qui sont au pouvoir. Ce régime semi-présidentiel a montré ses limites dans tous les pays qui le pratiquent en Afrique francophone. Tous les présidents déjà en poste et ayant déjà fait plusieurs mandats vont faire changer leur Constitution avec la malhonnêteté intellectuelle des juristes et universitaires qui défendent la non-rétroactivité de la loi fixant la limitation de mandat, juste pour avoir la faveur du roi. Un juriste honnête, conséquent, sincère, respectable et soucieux de l´avenir du Togo ne défendra jamais la non-rétroactivité de la loi pour ce qui concerne la limitation du mandat présidentiel. Seuls les courtisans du roi peuvent oser le faire pour espérer avoir la bonne grâce du roi.


Il faut changer carrément ce système. Avec la mise en place du régime parlementaire, il y aura seulement les élections législatives pour élire les députés. On fera économie d´argent pour les élections présidentielles. En plus sur le plan démocratique surtout, un seul parti, quelle que soit sa domination sur l´échiquier national, ne pourra pas parvenir à avoir la majorité acquise pour gouverner. Il sera obligé de faire coalition avec un autre parti. Avec cette coalition, le parti arrivé en tête ne pourra plus faire n´importe quoi car il aura besoin d´un autre parti pour pouvoir gouverner. C´est comme épée de Damoclès qui plane sur la tête du parti dominant. Cela donnera un vrai contre-pouvoir pour maîtriser la dictature. On aura alors le Premier ministre et son Vice-premier ministre comme dans les pays qui pratiquent ce système parlementaire. Presque partout dans l´Union européenne, c´est le système parlementaire qui est pratiqué sauf la France. Pour notre cas souhaité au Togo, en cas de vacance subite de pouvoir, c´est le Vice-premier ministre qui remplacera le Premier ministre et non plus le président de l´assemblée nationale dans le cas actuel mais trahi aussi en 2005.

Le poste du président de la république ne sera pas supprimé mais l´occupant sera choisi par les députés de tout bord au parlement. Mais le vrai pouvoir politique sera entre les mains du Premier ministre. Si ce régime parlementaire était pratiqué, je ne vois pas comment Faure pourrait devenir président de la république en 2005. Je ne vois pas non plus comment UNIR pourrait berner UFC en 2010 si le régime parlementaire était en place. Il suffirait pour UFC de sortir du gouvernement pour provoquer la dissolution de l´Assemblée nationale, faute de majorité pour UNIR de pouvoir gouverner seule. Voilà les atouts du régime parlementaire. Or, depuis des décennies, on a déjà expérimenté le système politique semi-présidentiel qui ne marche pas en Afrique. À chaque élection, il n´y a que des conflits et des morts partout. Pourquoi ne pas changer du régime politique et essayer autre chose? Je ne prône pas le régime parlementaire classique comme il est pratiqué en Grande Bretagne où le chef du parti devient automatiquement Premier ministre lors des élections législatives. Dans le système souhaité pour notre pays, il faudrait plus de souplesse. On peut être le chef du parti et ne pas être forcément choisi par son parti pour le représenter aux élections. Ce choix dépendra du bon vouloir de chaque parti politique qui fera connaître son candidat avant les élections. Avec une telle souplesse dans le système politique adopté, je ne vois pas comment on ne peut pas réussir notre démocratie et mettre fin à ce système politique d´un coup K.O. On veut la limitation du mandat avec un scrutin majoritaire à deux tours. Qu´est-ce que cette limitation du mandat a pu nous apporter, si ce n´est une autre dérive d´un coup K.O. qu´ils ont initiée.

Le peuple togolais doit beaucoup tirer leçon de ce qui s´est passé chez nous aux présidentielles, de ce qui se passe en Guinée et de ce qui se passera en Côte d´Ivoire.

Le cas du Togo nous interpelle tous. On veut l´alternance et en même temps on refuse de soutenir celui qui est sorti gagnant dans le rang de l´opposition pendant les élections du 22 février 2020. Ce qui veut dire que lors des élections présidentielles prochaines dans notre pays, seul le candidat volé va pouvoir se battre seul face au régime en place. C´est la déduction qu´on peut en faire. C´était une grave erreur qui a été commise mais pas seulement par Jean-Pierre Fabre mais toute la classe politique togolaise. L´intérêt du pays est sacrifié.

Mais si le cas de Jean-Pierre Fabre est plus commenté sur les réseaux sociaux, c´est parce qu´il est le chef du parti dominant dans l´opposition mais malheureusement il n´a pas joué le rôle qu´il devrait jouer après le 22 février 2020. C´est une erreur politique de sa part. Lors de leur congrès passé, il avait fait savoir aussi qu´ANC ne va plus boycotter une élection au Togo, ni former un groupement politique pour la lutte ensemble. C´est encore une autre erreur. Croit-il qu´il peut parvenir à faire reconnaître sa victoire dans une élection présidentielle sans le soutien des autres partis politiques face à ce régime? C´est une question de bon sens. L´acte qu´il pose est préjudiciable aussi bien pour l´alternance que pour lui-même alors qu´il lutte depuis longtemps pour cette alternance. Il avait beaucoup de chance dans le passé mais il n´avait pas su les exploiter. C´est le cas par exemple lors de la dernière manifestation gigantesque de C14 de l´opposition du 7 septembre 2017 qui nous a amenés à Déckon. Ici il va se souvenir et je vais le lui rappeler : Monsieur Jean-Pierre FABRE, lors de la manifestation gigantesque du 7 septembre 2017, quand on était arrivé à Déckon, quelqu´un s´est approché de vous, en se présentant comme étant venu de l´Allemagne. Il vous a conseillé de traîner les pas et de ne pas prendre le haut-parleur afin de laisser la foule continuer vers la présidence comme elle le souhaitait. La foule était immense et très surchauffée en tricot rouge de PNP et n´attendait que le mot d´ordre de C14. Le jour-là, Monsieur Fulbert ATTISSO était monté sur un bus, le haut-parleur en main, en train de galvaniser la foule avec des chansons de lutte politique alors que les leaders de C 14 voulaient se concerter pour prendre une décision et savoir ce qu´il fallait faire. Vous étiez débout, seul au milieu de la foule quand j´ai frayé le chemin pour venir vers vous en vous présentant mon passeport afin que vous ayez confiance en moi. C´était bien moi, Christian Spieker, le jour-là. Ma venue à Lomé avait coïncidé par hasard avec cette période du 19 août 2017 et j´ai participé aux manifestions du 7 septembre 2017 en tant que Togolais. Voici la réponse que vous m´avez donnée quand je vous ai dit de laisser la foule continuer vers la présidence: si on les laisse partir à la présidence les soldats vont tirer sur eux et ils viendront aussi tirer sur les gens à Déckon. Je n´ai pas douté de votre sincérité car je connais la brutalité de nos soldats mais je n´ai pas trouvé non plus la bonne, votre décision car ce n´est pas à Déckon qu´on va faire démissionner le président. Sans doute vous avez refusé cette option peut-être pour épargner la vie humaine. Mais dans les régimes dictatoriaux, le pouvoir ne se remet pas tranquillement mais s´arrache avec le prix à payer.

Après ce bref échange secrètement, vous êtes dirigé vers vos collèges leaders de C14 et après concertation entre vous, vous aviez pris le haut-parler tenu par Fulbert Attisso pour dire à la foule qu´on allait rester à Déckon jusqu´à la démission du président de la République. Quelle a été l´issue finale ? À la tombée de la nuit, les forces de l´ordre étaient venues lancer du gaz lacrymogène sur la foule pour disperser les gens. Depuis ce jour-là les autorités multipliaient les mesures contraignantes pour limiter et même empêcher les manifestations avec des prétextes fallacieux. Je ne suis pas un leader de parti politique mais j´ai les caractéristiques du leader politique et je suis sûr que si vous aviez laissé les manifestants continuer vers la présidence ce jour-là, même si le régime n´était pas tombé, il allait frémir. Je dois ajouter aussi qu´avant, j´avais beaucoup d´estime pour votre combat politique au Togo comme beaucoup d´ailleurs des compatriotes. Je l´ai même mentionné dans mon dernier livre intitulé « Quels présidents pour l´Afrique face à la politique africaine de la France en Afrique ? »

Mais depuis un certain temps je commence par douter de votre capacité à faire vivre l´alternance au Togo un jour en observant vos erreurs politiques successives qui ne sont pas forcément intentionnelles: d´abord pour ne pas laisser les manifestants continuer vers la présidence le 7 septembre 2017 parce que vous craigniez qu´on tire sur eux et qu´on vienne tirer aussi à Déckon; ensuite de ne pas soutenir Agbéyomé après les élections du 22 février 2020 parce que vous estimez que le prélat vous a traité de tout nom alors qu´on était pas loin du but de l´alternance si on s´était donné les moyens d´y arriver ; enfin la décision de votre parti lors du dernier congrès de ne plus boycotter une élection, ni de former un groupement avec vos collègues leaders politiques, du moins avec certains, car il y a toujours échec et incompréhension. Mais ma seule question est de savoir si vous pouvez gagner seul ce combat d´alternance ou changement ? Est-elle la bonne décision ? Ce régime est un baobab robuste. Pour le faire tomber, il faut la force de l´union et surtout d´être entouré de bons conseillers.


Afrique - Le ballet des élections présidentielles en Afrique francophone suit son cours avec la même tactique bien rodée : un coup K.O.
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