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Manque d’eau, délestage, connexion internet catastrophique, réseaux de téléphonie mobile saturés, sociétés d’Etat en déconfiture... : Un pays en faillite qui enfante des milliardaires

Togo -
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« Nous avons passé trois jours dans mon quartier Agoenyivé sans aucune goutte d’eau au robinet, il a fallu faire la corvée d’eau au forage pour soulager la famille » ; « Moi je vis à Tokoin Habitat, l’une des cités au cœur de la ville de Lomé, le robinet de la TDE est à sec depuis des mois, et pourtant nous avons toujours des factures qui arrivent » ; « Je vis à Atakpamé et particulièrement à Agbonou. Il nous arrive de passer deux jours, parfois trois avec seulement deux heures de courant » ; « Je suis un jeune entrepreneur, promoteur d’un cybercafé à Adidogomé, la connexion internet est devenue une denrée rare, mes affaires sont en berne et l’OTR est à mes trousses ». Ces témoignages de Togolais ordinaires dont la vie quotidienne est devenue un calvaire, nous pouvons les multiplier à n’en point finir. Ils illustrent la situation actuelle d’un pays totalement en déconfiture qui pourrait afficher à l’écran un encéphalogramme plat.

Depuis plusieurs mois, le délestage est devenu la marque de fabrique de la CEET (Compagnie Energie Electrique du Togo) sur toute l’étendue du territoire national, paralysant les activités. Sans aucune communication préalable, des quartiers entiers sont privés d’électricité durant des heures. Même la Résidence de la Caisse autrefois épargnée n’est plus à l’abri. A l’intérieur du pays, c’est le calvaire.

Des villes comme Kpalimé, Sokodé, Notsè et particulièrement Atakpamé passent deux voire trois jours avec deux heures de fourniture de courant. A la Direction générale de la CEET où on communique peu, on tente maladroitement d’expliquer ces délestages intempestifs par une formule connue de tous, à savoir « travaux de maintenance ». A l’analyse, la réalité est tout autre et bien triste.

La gestion calamiteuse de cette structure a fini par la propulser au fond du gouffre. Et les chiffres qui illustrent la gabegie font froid au dos. A ce jour, les pertes techniques et commerciales du réseau électrique sont évaluées à 20 milliards FCFA. Les emprunts s’élèvent à plus de 65 milliards. Quant à l’Etat, mauvais payeur, il doit à la CEET une dette de 16, 1 milliards. Et pourtant en 2007, pour endiguer le phénomène du délestage qui a touché toute la sous-région, le Togo s’est lancé dans la construction d’une société d’énergie à base du gaz qui devrait être acheminé du Nigeria.

En dépit des réserves et réticences des experts sur la fiabilité de ce projet, Faure Gnassingbé et ses amis prévaricateurs qui y avaient d’énormes intérêts, ont foncé la tête baissée. Plus de 100 milliards ont été investis dans ce scandale et les contribuables togolais doivent payer le prix durant 25 ans. Le fameux Contour Global constitue à ce jour le plus grand scandale de la République et les auteurs qui se retrouvent au sommet de la mafia se la coulent douce. La CEET est aujourd’hui contrainte de payer 16 à 17 milliards par an pour faire tourner les turbines de Contour Global. Les investigations révèlent que les livreurs du fuel à la société Contour Global sont les barons et les maîtresses de la République.

Mauvaise gestion combinée au goulot d’étranglement de Contour Global, la CEET est au fond du gouffre, d’où le calvaire de délestage imposé aux Togolais. Et selon des sources autorisées, la situation risque de s’aggraver les jours à venir avec une augmentation du prix du kilowatt.
La situation de la TDE (Togolaise des Eaux) n’est guère différente de la CEET. Elle aussi n’est plus en mesure de faire face à sa mission, celle de fournir de l’eau potable aux citoyens. Ses installations à Lomé datent de l’époque de nos arrières-parents et se confinent aux anciens quartiers. Même dans l’ancienne ville, il est difficile d’avoir de l’eau au robinet. Plusieurs quartiers sont souvent privés d’eau durant des jours sans aucune explication. Les habitants des nouveaux quartiers se servent tous au forage. A l’intérieur aussi, c’est la catastrophe. A moins de 30 km de Lomé, la ville de Tsévié, chef-lieu de la région maritime dont les installations d’eau remontent à l’indépendance, a passé récemment plus d’un mois sans eau dans les robinets. Pendant que les populations sont à la recherche de cette denrée rare, on constate dans certains quartiers de Lomé, des installations endommagées qui laissent couler l’eau durant plusieurs semaines sans que la Direction généralement interpellée n’envoie une équipe de techniciens pour réparer les pannes.

Nous sommes à l’heure des TIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) et l’internet est devenu un élément indispensable de développement. Le Togo était déjà dans les années 2000 précurseur dans la sous-région. Il est regrettable de constater qu à ce jour, nous avons fait un grand bond en arrière pour nous retrouver à l’ère de Mathusalem. Avoir une connexion internet de qualité au Togo est devenu un parcours de combattant. C’est presqu’un pari impossible. Togo Télécom, la société d’Etat en charge du secteur est en déconfiture. Des centaines de milliards se sont volatilisées dans la nature, si entre-temps elles ne sont pas tombées dans les poches des responsables de la mafia et leurs maitresses de la République.

Les professions de foi et autres déclarations de bonnes intentions de dame Cina Lawson, ministre des Postes et de l’Economie numérique n’ont rien changé. Les fibres optiques récemment enfouies dans le sol dans les quartiers de Lomé sont en train d’être déterrées déjà. Certaines sources évoquent un travail bâclé, d’autres parlent de chinoiseries qui peinent à fonctionner. Pendant que la plupart des pays limitrophes sont au 4G et les citoyens habitués à une connexion fluide et rapide, au Togo on doit encore, et peut-être pour un bon moment, se contenter d’une connexion « caméléon » agrémentée des promesses sans lendemain de dame Cina Lawson. Pour les citoyens ordinaires, les opérateurs économiques, les banques et assurances, les prestataires de services, cette situation intenable constitue un frein à l’éclosion des affaires. Les autres sociétés d’Etat sont toutes en faillite.

Le Port Autonome de Lomé vanté comme le seul en eau profonde de la côte n’est plus que l’ombre de lui-même. La plupart de ses activités sont cédées par des contrats obscurs à des multinationales pour des dizaines d’années. Dans la loi de finances 2016, sa contribution au budget national se résume à des miettes, insignifiante. Interpellé sur la question lors de l’étude au fond de la loi de finances à l’Assemblée nationale, le Commissaire du gouvernement s’est contenté de cette réponse : « Il convient de préciser que les terminaux du 3è quai et de la LCT (Lomé Countainer Terminal) ne sont pas construits sur les fonds propres du PAL, mais sur contrat BOT (Build Operate Tranfert) avec Bolloré et MSC (Mediterranean Shipping Company). Toutefois, les investissements réalisés depuis 2010 ( 36, 3 milliards de FCFA), à savoir le dragage du chenal d’accès et bassin d’évitage, l’aide à la navigation, l’épi d’arrêt de sable, le suivi et modélisation de la sédimentation du nouveau chenal d’accès, qui normalement sont des devoirs régaliens de l’Etat, sont réalisés par le PAL. Cette situation ne lui permet pas d’engranger, pour le moment, des bénéfices nets conséquents ».

La SNPT (Société Nouvelle des Phosphates du Togo) se retrouve dans un gouffre profond. Cette société, vache à lait du régime, est gérée comme une épicerie de quartier. Les administrateurs à ce jour sont des Israéliens au service exclusif de Faure Gnassingbé. Les autres sociétés d’Etat ne se portent guère mieux.

Un pays en faillite qui enfante des milliardaires

Pendant que les sociétés d’Etat sont toutes dans le gouffre, ceux qui en ont eu la gestion sont tous devenus des milliardaires. Ils ne s’en cachent d’ailleurs pas, puisqu’ils étalent leurs biens à la face de tout le monde, acquièrent des immeubles, des appartements en Europe, aux USA et au Canada. A Lomé, les voitures de luxe sont visibles à tous les coins de rue.

Des individus sortis du néant dont les ascendants n’ont jamais été industriels, hommes d’affaires, grands commerçants sont devenus par un tour de magie des milliardaires après avoir géré des sociétés d’Etat. Sous le magistère suprême de Faure Gnassingbé, on a détourné en 10 ans qu’on n’en fait en 38 ans sous le règne de feu Eyadema. Le chef qui doit sévir brille par sa bienveillance à l’égard des prévaricateurs, puisque lui-même est au cœur de la mafia. La minorité qui pille le Togo à ciel ouvert a certainement un chef, et c’est ce dernier qui leur accorde l’impunité totale.

Cette gestion désastreuse de tous les secteurs de l’Etat va continuer à prolonger la misère des Togolais qui, ces derniers jours, manquent de tout, et particulièrement des éléments vitaux comme l’eau et l’électricité. Un système politique corrompu, népotiste depuis 50 ans ne peut générer qu’une mafia, et le régime actuel en est un. Il faudra un jour une thérapie de choc pour mettre fin à cette pègre qui pille ce pays sans limite.

Mensah K. (L’ALTERNATIVE)


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